jeudi 9 octobre 2008

PORTRAIT DE JULES GREVY - LEON BONNAT






Portrait de Jules GREVY, président de la république (1807-1891)






Bonnat, Léon Joseph FLORENTIN (1833-1922)

I - PRÉSENTATION

Auteur : Bonnat Léon, peintre qui fait partie du courant académique (style pompier). Reconnu et célèbre pour ses portraits officiels (ex : Jules FERRY 1888).
Mais il est aussi l'auteur de compositions académiques (ex : Jeune fille romaine à la fontaine 1875).
Il est nommé professeur à l'école des beaux arts en 1880 et chevalier de l'Ordre du Mérite en 1915.
Grand amateur d'art il a légué ses collections au Louvre et au musée de Bayonne, qui porte son nom. Il a été le professeur notamment de Charles Laval et Gustave Caillebotte.


Date de réalisation : 1880
Type : huile sur toile
Dimensions : 152x116 cm
Genre : portrait académique
Lieu de conservation : Versailles, musée national du Château et des Trianons
Contexte historique : Jules Grevy est un homme politique français. Il se distingua par ses idées et sentiments républicains.
En 1868, il s'opposa à la déclaration de guerre contre l'Allemagne. Il fut élu président de l'assemblée nationale en 1871. Puis à la chambre des députés et succéda à Mac Mahon à la présidence de la république en 1879. Il est opposé à l'idée de revanche et d'entreprise coloniale. Il fut réélu en 1885, cependant il fut obligé à démissionner en 1887 après le scandale des décorations.

II - ANALYSE TECHNIQUE

Description de l'oeuvre : c'est un portrait, Jules Grévy est un homme d'une cinquantaine d'année à mi-corps de face qui occupe la presque totalité de l'oeuvre.
Ses habits sont sombres. En effet, il est vêtu d'un costume noir, d'une chemise blanche qui apparaît légèrement au col et aux manches.
Le décor est composé d'une table en bois, dans laquelle sont gravés des dessins fins dorés, ses pieds représentent des têtes de tigre.
Sur cette table sont déposés 3 livres. Jules Grévy a une barbe grise, est dégarni sur le dessus du crâne.

Technique utilisée : précision quasi photographique, les contours sont nets, la peinture est lisse. Perfection absolue des détails aussi bien sur le visage,
les vêtements que la table.

Dessin, couleurs, lumières : la lumière provient de la droite. Ainsi, le visage et les mains sont plus clairs. Ceci permet à l'auteur de mettre en évidence le personnage
représenté. Bonnat a aussi établi des contrastes clairs obscurs grâce à la noireté indistincte de l'arrière plan et au teint rosé de Jules Grévy.
Mais aussi grâce, à la chemise blanche qui se laisse entrevoir et au costume noir. Par ailleurs, la table qui est le seul élément de décoration est mise en évidence grâce
à sa couleur brune car c'est le seul point de couleur sur le portrait.

III - INTERPRÉTATION

Ce portrait officiel qui devait être exposé dans un lieu public traduit une nouvelle image du pouvoir. Jules Grévy est perçu comme un président imposant, digne de son titre. Par ailleurs,son air stricte laisse à penser à un personnage sérieux, imperturbable qui saura prendre les problèmes en main.
Sa position droite donne à voir quelqu'un d'honnête et exprime une certaine gravité souveraine. Cette image est pratiquement idéalisée mais aussi un caractère hiératique par la taille du personnage sur la toile par sa posture.

IV - LA CONTEXTUALISATION

Ce portrait officiel normalement destiné aux mairies, préfectures, chambre du commerce ou ambassade et servir comme cadeau diplomatique fut reproduit grâce
à la photographie. En effet, ce sont les reproductions photographiques qui furent distribuées, ceci a permis de diffuser rapidement le portrait de celui qui incarne la République.
Par ailleurs, que ce soit en portrait photographique ou sur un portrait peint, Jules Grévy se fait représenter dans une posture imposante, son regard lointain lui donne une attitude droite et juste. Contrairement, au portrait officiel (peint) le portrait photo, en noir et blanc, reflète le président comme quelqu'un de plus âgé et autoritaire, les traits du visage sont moins nets. Ainsi, on assiste ici à un contraste entre le portrait peint presque idéalisé et le véritable physique de Jules Grévy.












Jean Béraud, L'Ennui


Jean Béraud est un peintre français né à Saint-Pétersbourg le 12 janvier 1849 et mort à Paris le 4 octobre 1935. Peintre appartenant au courant dit académique ou pompier, est sans aucun doute le peintre le plus célèbre de la vie parisienne sous la Belle Epoque. En effet, il peint des vues de Paris et sa bourgeoisie d’une façon très réaliste. Après avoir été élève au lycée Condorcet, un des plus prestigieux lycées de France, il a été élève de Léon Bonnat, peintre académique et plus particulièrement portraitiste français, connu notamment pour avoir réalisé 200 portraits dont celui de Victor Hugo de Louis Pasteur ou encore de Jules Grévy. Jean Béraud participe au Salon pour la première fois en 1872 . Il ne connaît le succès qu'en 1876, grâce à son tableau Le Retour de l'enterrement. Cet artiste, dont on peut voir les œuvres au Musée Carnavalet et au Musée des Arts Décoratifs, fut un contemporain de Proust. On sent bien dans ses toiles les ambiances feutrées, bourgeoises, décrites avec brio par le romancier. Béraud a fréquenté les Salons littéraires, les cafés, mais a aussi connu les petits métiers. Sa peinture est appréciée à travers le monde entier.


Présentation de l’œuvre

Support : huile sur toile
Dimensions : 33 x 41 cm
Lieu de conservation : galerie privée
Genre : peinture académique, scène de la vie quotidienne dite « scène de genre ».
Contexte historique : Jean Béraud s’intéresse à la vie parisienne au 19e siècle, siècle marqué par la Révolution Industrielle qui a apporté un grand nombre de changements dans les mœurs, à Paris dans l’architecture avec les rénovations du baron Hausmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870. Les Parisiens sont peints dans leurs nouvelles occupations, au café, à des soirées mondaines, à des balles, dans la rue, dans des calèches, l'un de ses sujets fétiches a été la vie des boulevards, ces lieux de passage si fréquentés depuis le Second Empire, dans des scènes de la vie quotidienne ce cette époque dite « Belle Epoque » . La « Belle Époque » est une expression née après la Première Guerre mondiale pour évoquer la période antérieure à la Grande Guerre et postérieure à la chute du Second Empire, soit de 1870 à 1914. Dans cette désignation, il y a une part de réalité (expansion, insouciance, foi dans le progrès…) et une nostalgie. La réalité a en fait été enjolivée à cause du traumatisme de la Première Guerre mondiale.


Analyse technique de l’œuvre

Description de l’œuvre :
Dans ce tableau on peut voir trois personnages assis autour d’une table dans un café. Deux de ces personnages sont des hommes et le troisième est une femme. Les deux hommes mènent une discussion, l’un face à l’autre, celui qui parle tient un cigare dans sa main droite et celui qui l’écoute semble réfléchir, son regard se dirige vers la gauche, l’expression de son visage montre qu’il est pensif. La femme quant à elle est accoudée à la table, elle ne participe pas à la conversation, et elle laisse paraître clairement son ennui. D’ailleurs elle est assise à côté d’un des deux hommes et elle se trouve en retrait, une partie de son bras droit est caché par cet homme. La scène se déroule dans un café parisien, ces personnages sont les seuls clients visibles.

La composition :

Les personnages représentés se situent au centre du tableau, la composition est équilibrée, les lignes directrices du tableau sont situées au niveau des meubles, de la forme des murs, des poutres, du plafond encadrant ainsi les personnages et leur donnant la place la plus importante du tableau.

Les couleurs:

Les couleurs sont assez sombres, elles varient sur des tons de bruns avec des touches prononcées de noir. Les meubles du café sont en bois, les sièges en cuir, seul les tables, la lampe et le service (assiettes, tasses et verres) sont peints dans des tons plus clairs (blancs).
Les vêtements des personnages sont teintés de couleurs sobres : beige, gris, brun et noir en parfait accord avec le reste de la pièce comme pour montrer qu’ils sont totalement à leur place, dans leur environnement.

Le dessin :
L'artiste utilise le trait, ainsi que les contours et l'ombre, pour créer l'illusion des trois dimensions sur une surface plane. Les éléments de ce tableau sont peints de façon très réaliste.


La lumière :
Les principales sources de lumière proviennent de la gauche, certainement d’une fenêtre qui éclaire les tables et le sol. Un miroir derrière les étagères où sont rangés les bouteilles d’alcool, les verres, les assiettes donne une touche de clarté à la pièce et fait refléter la lumière provenant de la fenêtre dans la pièce. La lumière se reflète également sur un des piliers de renfort en métal, ce qui donne un aspect moderne au décor. Les objets mis en valeur par l'éclairage sont certainement des objets de valeurs, représenter pour faire voir la richesse des lieux, ce lieu de fréquentation bourgeoise confortable et distingué.


Interprétation

Le peintre représente les personnages appartenant à l’élite sociale de la Belle Epoque, il se penche sur leurs occupations, les lieux qu’ils fréquentent, tout comme ici, où nous pouvons voir ces trois personnages qui discutent dans un café parisien, autour d’un verre. Les grands travaux menés à Paris par Haussmann c'est-à-dire la réorganisation de la ville, et la construction de nouveaux aménagements ont modelé un nouveau paysage urbain avec des plantations d'arbres le long des avenues et des rues, à quoi s'ajoutent la création d'une vingtaine de squares et l'aménagement de bois et de plusieurs parcs. Ces nouveaux espaces sont conçus comme des lieux de promenade et de détente et les Parisiens les adoptent sans tarder. Une vingtaine de chalets, des kiosques, des cafés et des restaurants sont construits.
Entre 1850 et 1900, la bourgeoisie de cette époque vécut dans la plus parfaite hypocrisie et dans ce contexte, l'académisme fut un paravent idéal de la morale. Les peintres académiques furent les représentants de leur temps et la bourgeoisie put à loisir se mirer dans leurs œuvres qui reflétaient des anecdotes et des histoires. Dans ce tableau, les manières des bourgeois sont dessinées, l’intention du spectateur se concentre sur la femme qui laisse ressentir son ennui, elle ne semble pas prendre gout aux conversations de ses compagnons. Le luxe n’apporte peut être pas la satisfaction de s’amuser et d’être heureux…



|| Phèdre - Alexandre CABANEL ||



PRESENTATiON DE L’ŒUVRE

  • Titre de l’œuvre : Phèdre
  • Auteur : Alexandre CABANEL
  • Date de réalisation : 1880
  • Type : Peinture
  • Support : Huile sur toile
  • Dimensions : Hauteur en m : 1,940 ; Largeur en m : 2,860
  • Lieu de conservation : Musée Fabre, Montpellier
  • Genre : Scène empruntée à la mythologie grecque
  • Contexte historique : Si la Révolution française marque un tournant important dans l’Histoire de France, elle n’a cependant pas eu de véritable emprise sur l’Art, si bien qu’à peine dissoutes, les académies fondées par Louis XIV en 1648 sont aussitôt restaurées et qu’est créée l’Ecole des Beaux-Arts afin de transmettre les préceptes de l’Art Académique. Aussi, la vie artistique officielle du XIXème siècle est très largement marquée par l’Académisme, dont le caractère conventionnel, l’abondance de codifications et de règles auxquelles les artistes sont tenus de se soumettre en pastichant des œuvres de l’Antiquité et de la Renaissance, le feront entrer dans l’Histoire sous l’appellation moqueuse d’Art Pompier.

{ LUMiÈRE SUR… ALEXANDRE CABANEL

Fils d’un modeste menuisier, Alexandre CABANEL entre d’abord à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il devient l’élève appliqué de François-Edouard Picot. En 1845, alors qu’il est à peine âgé de 22 ans, il reçoit le second Prix de Rome qui lui permet de suivre une formation de cinq ans à la villa Médicis. La célébrité lui vient avec La Naissance de Vénus, qui lui est achetée par Napoléon III en 1863, et marque l’envol de sa carrière puisqu’il est aussitôt nommé professeur à l’Ecole des Beaux-Arts, avant d’être élu membre de l’Académie du même nom. Entre 1868 et 1888, il sera dix-sept fois membre du jury du Salon, dont il reçoit la médaille d’honneur en 1865, 1867 et 1878.

A la fois peintre d’histoire, de genre et portraitiste, Alexandre CABANEL évolue au fil des années vers des thèmes romantiques telle Albaydé, inspirée par un poème de Victor Hugo, Orientales. Les célébrités européennes et les collectionneurs américains se ruent sur ses tableaux et lui commandent de nombreux portraits. Considéré comme l’un des grands peintres académiques du second Empire, dont il est l’artiste le plus adulé, Alexandre CABANEL se veut également l’ennemi des naturalistes et des impressionnistes, et en particulier d’Emile Zola qui, en défenseur de l’émergence d’un art moins suave et plus réaliste, n’hésitera pas à le brocarder à plusieurs reprises.


ANALYSE TECHNiQUE DE L’ŒUVRE

. : Description de l’œuvre

Tirée de la culture classique, cette scène se veut la représentation imagée d’une Phèdre mettant au désespoir ses suivantes, après avoué son désir coupable pour Hippolyte, fils de Thésée son époux. Allongée de tout son long sur le flanc droit, un drapé blanc recouvre subtilement son anatomie et laisse se dessiner avec finesse formes et courbes sensuelles. Un bras amorphe tombe avec lourdeur sur le côté, cachant un sein qu’on ne saurait voir, mais c’est surtout le regard vide et sombre du personnage qui frappe : Phèdre semble tourmentée, comme abîmée dans les méandres de sa pensée. La main appuyée contre son front et l’air accablé qui habille ses traits rendent compte de son désespoir, si bien que l’héroïne nous apparaît tout à coup faible et vulnérable, en proie à une souffrance d’autant plus vive qu’elle se l’afflige elle-même : le remord.

Au pied du lit, et à gauche du tableau, se trouvent deux servantes enveloppées dans de longues tuniques. La première est assise à même le sol, la tête renversée en arrière et les paupières closes. Ses bras tombent avec nonchalance de chaque côté, signe à la fois d’impuissance et de désespoir. Sa comparse se tient debout, penchée en avant et à moitié sortie du tableau. Elle se tord les mains, comme rongée par l’angoisse. De par son attitude, elle semble être la seule qui ne soit pas laissée aller à la résignation : il y a quelque chose dans sa posture qui suggère qu’elle réfléchit, s’efforce de trouver une solution ou peut-être des mots pour consoler sa maîtresse.

La scène se tient dans une chambre richement décorée, propre à une reine antique. Le lit sur lequel Phèdre est allongée semble être le fruit d’un travail méticuleux, avec ses dessins et ses fines dorures. Un drap de soie tombe avec magnificence, tandis qu’un tapis en peau de bête recouvre le sol. En arrière plan, on observe un casque et un bouclier dorés, accrochés à une colonne, signe ostentatoire d’un luxe antique.

. : Composition


La composition de ce tableau est assez géométrique puisqu’elle s’articule autour de lignes directrices horizontales, que l’on retrouve notamment au niveau de la frise en arrière plan, du lit et de la petite estrade ; et de lignes verticales, définies par les colonnes et le bras tombant de la jeune reine. La répartition des masses se veut équilibrée : Phèdre, ainsi allongée, occupe toute la partie gauche, tandis que ses deux suivantes, se trouvent à droite, un peu tassées, tant et si bien que l’une d’entre elle est presque en dehors du tableau.

. : La technique utilisée

Alexandre Cabanel s’est servi de peinture à l’huile pour peindre Phèdre.

. : Le dessin

La douceur des lignes et des gestes donne une certaine fluidité aux silhouettes et met ainsi en valeur la position des têtes, qui prend ainsi toute son importance puisqu’elles rendent compte du désespoir et de l’accablement des personnages. La texture de la peau, lisse et sans défaut aucun, souligne avec subtilité la sensualité langoureuse des formes, ce qui est caractéristique des peintures académiques influencées par le néo-classicisme.

. : Les couleurs

Les couleurs restent traditionnelles. Chaudes et naturelles, elles se déclinent dans les tons ocres, du fauve au rouge brique le plus foncé, et ce dans un dégradé vertical allant s’éclaircissant lorsqu’on descend. Ces teintes sombres ne se contentent pas de souligner le caractère mélancolique de la scène et le désespoir des personnages, mais contribuent également à la mise en valeur de la belle gisante qui, de par son teint diaphane et du drapé immaculé qui la recouvre, contraste merveilleusement avec le reste du tableau.

. : La lumière

Cette scène semble être le décor d’un combat entre l’ombre et la lumière, le Bien et le Mal, la pureté et la perversion de l’âme. Ainsi, si les ténèbres enveloppent l’arrière plan et étendent leurs griffes sur le visage de la reine jusqu’à le plonger à moitié dans l’ombre, la lumière n’en est pas moins présente dans ce tableau. Elle semble même émaner de Phèdre en personne - dont le nom en grec σελασφόρος (phaedrae) signifie d'ailleurs "Lumière". Sa peau laiteuse diffuse une étonnante clarté, presque irréelle, et qui, par contraste, a pour effet de rendre son regard d’autant plus ténébreux. Ainsi est mis en avant toute la profondeur du personnage de Phèdre, que la culpabilité et le désespoir dévorent de l’intérieur.


{ iNTERPRETATiON DE L’ŒUVRE

. : Le sens de l’œuvre

Prenant comme référence esthétique les chefs-d’œuvre de l’Antiquité gréco-romaine et de la haute renaissance, l’art classique tend à l’intemporalité, à la maîtrise du modelé et de l’anatomie et à la recherche de l’harmonie. Et c’est bien de cela qu’il s’agit lorsqu’Alexandre Cabanel, empruntant un des mythes antiques les plus tragiques, s’efforce d’illustrer la scène où Phèdre annonce à ses suivantes son amour incestueux pour Hippolyte, le fils de son mari Thésée.

Illustre reine antique, Phèdre apparaît ici en proie au désespoir, littéralement anéantie, comme en témoigne sa posture amorphe et lymphatique qui, en plus de rendre compte de son accablement et du sentiment de culpabilité qu’elle éprouve, permet de sublimer sa beauté légendaire. Celle qui jusque là avait toujours fait preuve de force de caractère et de dignité nous semble tout à coup fragile et vulnérable. Alexandre Cabanel peint avec Phèdre une peinture de son époque, avec ses faiblesses et ses défauts.

Si on perçoit le désir de l’artiste de peintre une certaine sensualité, le compromis moral et surtout les canons imposés par l’Académie des Beaux-arts l’obligent à atténuer la réalité, à la sublimer, pour donner à voir une silhouette idéalisée, lisse et glabre. Seulement, si elle incarne ici la Beauté féminine, Phèdre symbolise également le combat de la raison et des passions, et de par le désir interdit que lui inspire Hippolyte, la part de vice qui demeure en tout être humain. On retrouve notamment cette dualité dans le jeu de lumière, avec d’une part une pièce plongée dans la pénombre, et de l’autre, une reine « Lumière », éblouissante de clarté. Un habit de vertu pour recouvrir le vice.

. : La contextualisation

Lorsqu’Alexandre Cabanel décide d’exposer son œuvre au Salon de 1880, il est alors membre de l’Institut, couvert de médailles et doté pour ses portraits d’une clientèle aussi inépuisable que fortunée. Phèdre appartient aux grandes compositions théâtrales qui jalonnent la production de l'artiste, telles la Mort de Francesca da Rimini et Paolo Maltesta ou Cléopâtre expérimentant du poison sur les condamnés à mort, et c’est tout naturellement qu’elle s’inscrit dans le mouvement pictural académiste, un art issu du néo-classicisme. Le peintre académisme se doit de se soumettre à certains canons esthétiques, des règles et des conventions établies par l’Académie, en pastichant les œuvres d’art de l’Antiquité. Or, c’est exactement ce que fait Alexandre Cabanel en empruntant à la mythologie gréco-romaine un des ses sujets les plus appréciés.

. : La portée de l’œuvre

Si Phèdre rencontre un immense succès lors de son exposition au Salon en 1880, et ce notamment auprès des collectionneurs américains, très friands de peintures académistes, d’autres cependant n’hésiteront pas à le critiquer de façon virulente. Emile Zola, qui prenant comme à l’ordinaire Cabanel pour cible favorite, écrit :

« Voyez cette misère. Voilà Monsieur Cabanel avec une Phèdre. La peinture en est creuse, comme toujours, d'une tonalité morne où les couleurs vives s'attristent elles-mêmes et tournent à la boue. Quand au sujet, que dire de cette Phèdre sans caractère, qui pourrait être aussi bien Cléopâtre que Didon ? C'est un dessus de pendule quelconque, une femme couchée et qui a l'air fort maussade. »

Cependant, on ne peut s'empêcher de penser que Cabanel livre avec Phèdre une peinture de son époque, avec ses faiblesses et ses défauts, comme Thomas Couture l'avait fait en son temps avec Les Romains de la décadence (1847, Paris, musée d'Orsay).

Brel et les autres deux monstres

La chanson française est une tradition riche, aussi riche que sa littérature. Bien sûr, aujourd'hui des chanteurs tiennent encore le haut de l'affiche face au rock anglo-saxon. Christophe Maé, Grand corps malade, Abdel Malik, Thomas Dutronc, Albin de la Simone, Alexis HK et tant d'autres sont les héritiers de monstres.....que vous devez connaître....Non ?
D'abord pour la richesse de leurs textes et des mélodies qui n'ont rien à envier à celle d'aujourd'hui, de gauche à droite : Brel, Ferré et enfin Brassens.


Georges Brassens est mort en 1981, Léo Ferré en 1993, Jacques Brel dès 1978....ils forment une "dreamteam" de la poésie chantée. Aujourd'hui, nous célébrons le trentième anniversaire de la mort de Jacques Brel.....




Ecoutez, une fois, deux fois, mille fois Brel...... puis Brassens, puis Ferré et après d'autres.....(Aznavour, Gainsbourg, Nougaro) si ça ne vous plaît pas tout de suite....Ce n'est pas grave, vous y reviendrez... ! C'est une musique qui vous touchera un jour....j'en mets ma main à couper (euh....non, finalement pas , on sait jamais !)






Découvrez Jacques Brel!

Le Miroir De La Nature

Le Miroir De La Nature





Léon Jean Basile Perrault (ne confondez pas avec Charles Perrault ^^), né à Poitiers en 1832, participa à son premier salon en 1861. Il fit l'académie des Beaux-Arts avec son ami William Bouguereau, un peintre très prisé de l'empereur Napoléon III. Il meurt en 1908 à Rouen.


titre : Le Miroir De La Nature

auteur : Léon Jean Basile Perrault

date de réalisation : < 1895

type de l'œuvre : tableau

support : toile

dimensions : 23,5 x 28,6 cm

lieu de conservation : collection privée (Brooklyn Museum, New-York)

genre : scène de la vie quotidienne, académisme

contexte historique : fin XVIIIème, début XIXème siècle, les Trois glorieuses (révolution, fin de la restauration), époque de l'académisme et du classicisme.


  1. Analyse:

Description : Ce tableau représente en premier-plan une jeune fille issue d'un milieu modeste, comme on peut le voir grâce à ses vêtements. Contrairement à la majeur partie des œuvres de Perrault, cette jeune fille est totalement habillée et ne dévoile pas la moindre partie de son corps, exceptés ses pieds qui touchent l'eau d'un ruisseau de manière à apprécier sa température (afin de voir si elle n'est pas trop froide, je pense, car ce décor est plus axé sur la saison de l'automne). Elle est assise sur un petit muret, lequel délimite le premier-plan et l'arrière-plan, et se tourne en notre direction en penchant la tête de manière enjouée et mystérieuse. En arrière-plan se situe un décor boisé plutôt sombre, ce qui permet de faire ressortir l'unique personnage de la scène.

Les lignes structurantes du tableau forment un triangle et font ressortir le personnage de la scène.

Sa technique très commune pour l'époque est celle de la peinture à l'huile, l'huile étant devenue à cette période un moyen qui permettait d'éviter la déshydratation des couleurs et de prolonger la conservation de l'œuvre.

Le dessin est, quant à lui, très précis dans les contours et le tableau est d'une netteté digne de Perrault; chacune de ses œuvres est précise et très détaillées, rien ne manque. Ce tableau se rapproche beaucoup du réalisme. Il utilise par ailleurs des couleurs primaires notamment, comme le bleu et le rouge que l'on peut voir un peu partout sur ce tableau, seul le vert (ici la couleur dominante) fait office de couleur complémentaire.

La lumière, elle, provient de l'arrière-plan et illumine tout le premier-plan, éclairant alors de toute part le personnage central et le muret où elle s'appuie. Cela met en valeur cette jeune fille. L'ombre stagne essentiellement dans l'arrière-plan, renforçant le côté obscur de cette forêt et faisant le contraste avec le premier-plan baignant dans la lumière.

  1. Interprétation:


Perrault fut influencé par son maître Picot, et son ami Bouguereau pour l'étude d'allégories qu'il reproduisit dans la plupart de ses tableaux. En effet, comme son nom l'indique, Le Miroir De La Nature reflète un côté "enchanteresque" et sauvage en illustrant une jeune fille seule au bord d'un ruisseau et, bien entendu, un décor sur la nature en elle-même. Un aspect serein et romantique se fait ressentir, et cette scène évoque la liberté folle et frivole par sa représentation du personnage féminin, ainsi que le côté tranquille et intime de cette « présence unique » . On décèle ainsi la beauté de ce tableau qui mélange la nature humaine à la nature sauvage et qui respecte le goût du peintre pour les allégories.


Perrault ne travaillait que sur des toiles qu'il faisait toujours dans son atelier, auquel il passait parfois plus de dix heures par jour, et ne travaillait qu'avec la peinture à l'huile pour la plupart de ses œuvres.

Ce tableau fut crée au XIXème siècle, et Perrault le présenta au Salon en tant que peinture académique lors de ses 46 ans de carrière. Ce tableau comme les autres lui value une certaine popularité assez méconnus chez les amateurs d'art. Il fut acheté par le « Brooklyn Museum » de New-York quelques années plus tard, et on peut y retrouver cette œuvre encore de nos jours. Individuellement, on ne lui accorda sans doute que très peu d'intérêt à l'époque.

MANGIN Florian

Olympia de Edouard Manet

Olympia de Manet.E





Edouard Manet est un peintre français du 19 ème siècle, né à Paris le 23janvier 1832 et décédé le 30avril 1883. Il va entrer dans l'atelier du peintre Thomas couture où il restera pendant six ans . Thomas.C est considéré comme l'une des figures emblématiques de l'art Académique de la seconde moité du 19ème siècle.




I)Présentation de l'oeuvre.
Titre: « L'Olympia »
Auteur: Manet

Date:1863

Support: peinture sur toile


Dimensions: 130,5 x 190 cm


Lieu de conservation : Musée d'Orsay

Contexte historique: Cette période de l'art académique s'oppose aux nouveautés cependant certain artiste veulent innover et se détacher quelque peu des canons imposés par l'institut des Beaux arts c'est le cas de Manet.




II)Analyse de l'oeuvre






Dans une chambre cosy aux couleurs plutôt sombres, on aperçoit :
au 1er plan une jeune fille allongée sur un divan drapé. Elle pose nue, les cheveux attachés, ce qui dégage son visage et laisse apparaître un regard hautain . Cette jeune femme, une main posée sur son sexe expose fièrement son corps. Sur la droite à ses pieds , on aperçoit un chat noir au poil irisé .


Au second plan apparaît une femme de couleur qui apporte un bouquet de fleur.
En arrière plan se dessine le décor de la chambre tapisserie avec des motifs, long rideaux foncés..


La composition: est équilibrée, les deux personnages se trouvent au centre du tableau et sont soigneusement détaillés. La texture de la peau des personnages est lisse.


La couleur de peau noire de la servante se fond dans l'arrière plan sombre ,et s'oppose à celle de la jeune femme dont la couleur de peau est accentuée avec la clarté des drapés. Il y a donc une opposition de couleur entre les deux plans en effet :












le 1er plan est composé de couleur clair ce qui dégage dont une clarté qui va mettre la jeune femme en évidence.













le 2eme plan présente lui des couleurs plus sombres , tamisées, noir, brun et vert foncé ce qui va fondre la servante dans le décor et la dissimuler.



La lumière provient du regard des spectateurs qui se posent sur le corps parfait de cette jeune femme est l'illumine.Ainsi elle est mise en valeur au détriment du deuxième personnage, la servante que l'on oublie dans le décor.


III)interprétation


Cette jeune femme au corps parfait, avec des formes généreuses, une peau nette et sans pilosités semble être idéalisée.


Installée confortablement sur un divan, elle ne cherche qu'à attirer le regard. Elle se désintéresse totalement du reste, si bien qu'elle ne prête aucune attention au bouquet apporté par la servante ,ce qui va rendre ce personnage encore plus inexistant .


Tout est fait pour placer cette jeune femme sur un piédestal ,elle cherche à se faire désirer tout en étant inaccessible , sa main posée sur son sexe montre ici le refus de ce donner. Le chat noir, caractérise la présence masculine , son poil irisé renforce l'aspect de frustrations susciter avec l'inaccessibilité de l'homme au près de cette jeune femme.
On peut remarque également un bracelet à son poignet qui a une grande valeur sentimentale pour le peintre, car il le tenait de sa mère.





Cette oeuvre est inspirée de la "Venus "du Titien.





Le peintre a voulu représenter également une scène rappelant la prostitution sous le second empire . Cette œuvre déplaisante pour l'époque va créer un scandale.


Pascaline.P



Alexandre Cabanel Ophélia


I-présentation de l'oeuvre:
Titre de l'oeuvre: Ophelia
Auteur: Alexandre Cabanel
Date de réalisation: 1883
Type: Tableau
Support Toile
Dimensions: 77*117.5
Lieu de conservation: Galerie personnelle
Genre: Mort d'une héroïne
Contexte: Alexandre Cabanel connait la gloire en pleine période de l'académisme. Élève à l'Ecole des Beaux Arts il est second Prix de Rome en 1845. La Naissance de Vénus lui apporte beaucoup de gloire. La même année, il est nommé professeur à l'École des Beaux-Arts et il est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts. Il est 17 fois membre du jury du Salon.



II-Analyse technique de l'œuvre:
Ce tableau est une peinture à l'huile sur toile. Le personnage qui se trouve au centre de l'œuvre est Ophélia* ( voir Interprétation de l'œuvre). A l'arrière plan la nature ( typique de l'académisme) , Ophelia donne l'impression de se situer dans une clairière où passe un court d'eau. On peut voir qu'il y a une structure en pyramide ( le bras d'Ophelia, l'arbre et son corps qui donne la base de la pyramide ).
Les traits sont fins. Le dessin semble net. La peau du personnage est lisse et sans imperfection.
Les couleurs de se dessin sont en majorité dans les tons vert et brun. L'arrière plan donne l'impression d'être uniforme et cela fait ressortir Ophélia qui est peinte avec des couleurs clairs (blanc rose bleu) le teint de sa peau et la couleur de ses cheveux sont eux aussi très clairs.
La lumière vient du haut à gauche et va vers le bas droit. Elle éclaire le seul personnage du tableau.



III-Interpretation du tableau:
Ophelia est un personnage tragique de "Hamlet". Elle devient folle lorsqu'elle apprend la mort de son père Polonius. Elle meurt noyée dans un ruisseau. On ne sait pas si sa mort est accidentelle ou si la jeune fille s'est suicidée. Dans le tableau, on remarque que Ophelia est appuyé sur une branche cassée. On peut se demander comme dans "Hamlet" si Ophelia s'est retenue à la branche ou si la branche s'est cassée dans sa chute volontaire. Son bras en l'air serait un appel au secours ou un adieu. Le coté gauche du tableau qui est très clair et dégagé représente la vie; le courant du ruisseau qui va de la gauche vers la droite amène à une partie du tableau plus sombre et chargée qui pourrait représenter selon moi la mort de Ophélia.