mercredi 12 novembre 2008

Analyse d’une œuvre
"Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte"




Georges Seurat (Paris, 1859 - 1891) est issu d'une famille bourgeoise. Il fut formé à l’école des Beaux-Arts à Paris. Sa formation le conduisit à lire de nombreux livres scientifiques sur la peinture. Ami de Paul Signac, il devient le principal représentant des néo-impressionnistes. Ces peintres veulent donner une base scientifique à leur art.
En 1884, G. Seurat expose La Baignade, au Salon des Indépendants, qu’il a fondé avec Signac suite au refus d’un des tableaux de Seurat par le Salon. En 1886, il expose Un dimanche après-midi à la Grande Jatte. G. Seurat travaille longuement sur chaque toile, il multiplie les études et les dessins préparatoires. Un dimanche après-midi à la Grande Jatte lui demande 2 ans de travail. Georges Seurat meurt à 31 ans des suites d'une angine.



I. Présentation de l’œuvre


Titre de l’œuvre : Un dimanche après-midi à la Grande Jatte
Auteur : Georges Seurat
Date de réalisation : 1884 – 1886
Lieu de réalisation : dans un petit atelier
Type de l’œuvre : tableau
Support : toile
Dimensions : 207.6 x 308 cm
Lieu de conservation : Art Institute, Chicago
Genre : scène de la vie quotidienne parisienne
Contexte historique : A la fin du XIXe siècle, l’Europe est en effervescence. Les découvertes scientifiques accumulées au cours du siècle ont entraîné une véritable révolution technique, à la source d’un développement économique sans précédent.



II. Analyse technique de l’œuvre

Description de l’œuvre


Sur ce tableau de Georges Seurat, on peut voir de nombreux personnages : hommes, femmes et enfants de différentes classes sociales qui se détendent au bord de l’eau, sur l’herbe et sous des arbres. Les personnages se promènent, se reposent ou jouent à l’île de la Grande Jatte.
La Grande Jatte est une île de la Seine dans la banlieue à la fois résidentielle et proche de la capitale, d’où la présence de classes sociales totalement opposées. Sur ce tableau, des animaux sont aussi présents : il y a des chiens et un singe qui symbolisent, eux aussi les différentes classes sociales.
L'île de la Grande Jatte était un lieu de loisir et de promenade pour les parisiens de la fin du XIX° siècle. En 1880, Asnières était une banlieue aisée. Sur l'autre rive, Levallois-Perret était une banlieue ouvrière. L'île de la Grande Jatte est un lieu de rencontre entre ces deux mondes. A la fin du XIX° siècle l'île de la Grande Jatte est un lieu de loisir où les rencontres amoureuses sont nombreuses.


La composition


Au premier plan, on voit un couple de bourgeois élégamment habillés à la mode des années 1880.La femme tient un singe en laisse, symbole de la luxure, ce qui peut laisser supposer qu’elle était une femme de jJie.
A gauche du tableau, un ouvrier, que l’on reconnaît par la simplicité de son habit, est allongé dans l’herbe et fume une pipe. Il semble pensif.
A côté de lui sont assis un bourgeois et une femme en train de broder. Son matériel est à côté d’elle.
Deux chiens représentent deux classes différentes : le petit chien, la bourgeoisie et le chien noir la classe ouvrière.
Une femme regarde vers la Seine en se protégeant du soleil par une ombrelle pendant qu’une autre compose un bouquet de fleurs. Son chapeau et son ombrelle sont à coté d’elle.
Ces personnages se trouvent à l’ombre des arbres.
Au second plan, une femme protégée par son ombrelle se promène tranquillement avec sa fille. Elles sont soigneusement vêtues et coiffées.
Une infirmière, reconnaissable à ses vêtements discute avec un homme.
Une femme pêche sur le rivage, habillée à la dernière mode.
Derrière l’infirmière, un homme debout joue de la musique avec un cuivre, qui est un instrument populaire de fanfare. Il est vêtu modestement.
Dans le fond du tableau, des couples se promènent, s’enlacent, une fillette joue, deux soldats marchent.
Ces personnages se trouvent à la lumière du soleil.
Sur la Seine, quatre hommes font de l’aviron. A l’avant de l’embarcation, une femme se protège du soleil avec son ombrelle.


Technique utilisée : juxtaposition de touches très fines, de pigments purs (peinture), utilisation d’un mélange optique .

Le dessin : tableau légèrement flou dû à la technique utilisée utilisé par le peintre (divisionnisme, pointillisme). Le contour du tableau a été réalisé de la même façon.

Les couleurs : touches de couleurs pures : bleu, rouge et jaune juxtaposées pour obtenir les diverses tonalités sans perdre de la luminosité.

La lumière : Au premier plan, il y a peu de luminosité car les gens sont situés sous des arbres. Au deuxième plan, les personnages sont au soleil et leurs ombres contrastent avec la luminosité. Au troisième plan, il y a une forte luminosité. Le soleil se reflète sur l’eau, ce qui renforce l’effet de lumière. Le ciel est très clair et ensoleillé. La lumière est très réaliste et vient de la gauche du tableau.



III. Interprétation de l'oeuvre

Les peintres pointillistes, dont Seurat, veulent donner un rôle social à leurs œuvres. C’est ce qu’il va faire dans sa toile « Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte ». Il nous annonce déjà ce rôle dans le titre de son œuvre. Tout d’abord, il choisit un dimanche car c’est un jour de repos, de détente, de loisir et de promenade où l’on ne travaille pas. Ensuite, l’Île de la Grande Jatte est une île située au bord de la Seine à l’ouest de Paris. Elle était à l’époque un lieu où se retrouvait tout les bourgeois et ouvriers parisiens.
Cette œuvre se rattache donc au courant artistique du Néo-impressionnisme de 1886. Seurat veut que son tableau dégage une impression de maîtrise totale et de suspension du temps pour un moment de beauté, de paix et de silence.
Les contemporains trouvent que la technique du pointillisme qu’emploie Seurat ( son principe est de diviser les couleurs en petits points se mélangeant optiquement, ce qui donne une impression de forte luminosité ) rend cette œuvre froide. Les personnages sont raides. Cette raideur marque le manque de communication entre les classes sociales. Le peintre souhaite recomposer pour la première fois de l’histoire de l’art le plein air d’une façon scientifique.
Cette œuvre est innovante, car elle marque l’apparition d’un nouveau courant : le pointillisme ou le divisionnisme.


Interprétation de Laure : J’apprécie ce tableau car il est très lumineux avec beaucoup de contrastes et les personnages de cette toile occupent bien tout l’espace. Il se dégage de ce tableau une atmosphère paisible et relaxante. Les personnages y sont presque au repos et la nouvelle technique de peinture utilisée donne encore plus de prestige à cette œuvre. Seurat innove avec son « art-science » et c’est une réussite…


Interprétation de Laura : Pour moi, la technique du pointillisme qu’il utilise donne une sensation de calme, posé, paisible. Tout est rectiligne, bien tracé, faite de formes géométriques.

Interprétation d’Angela : Cette œuvre, malgré sa multitude de personnage, est pour moi troublante étant donné que les personnages de différentes classes s’ignorent comme s’il n’était que question d’argent pour communiquer.

1 commentaire:

Quentin Monaton a dit…

Faites attention , la scène n'est pas réaliste, l'île de la grande Jatte, était à l'époque un lieu mal fréquenté, et non fréquenté par la bourgeoisie, de plus, le thème est réaliste mais les effets qu'il donne , du vent , nous montre le contraire, la voile du bateau est gonflé vers la gauche, tandis que la fumée de l'usine, va vers la droite.