dimanche 17 février 2013

Rencontre avec une artiste japonaise Eri Maeda


Dans le cadre du partenariat avec les Métiers d'art, mercredi 13 février les élèves de 1ère HIDA ont rencontré un créateur verrier, Eri Maeda alors que les élèves de 2nde HIDA rencontraient un sculpteur sur pierre.




Ces rencontres ont permis d'appréhender concrètement l'art aujourd'hui : comme un métier d'abord et aussi comme une pratique contemporaine.
Avec beaucoup de simplicité, l'artiste japonaise a fait une présentation de ce qu'est la technique du travail de la pâte de verre.
En allant sur son site, vous pourrez suivre les différentes étapes de fabrication d'une pâte de verre, allant du modelage sur cire, à la réalisation d'un moule jusqu'à la cuisson et au travail à froid.



Née à Tokyo, Eri Maeda vit et travaille à Vannes-le-Châtel en Lorraine. Elle a travaillé auparavant la technique de l'Ikebana puis elle a exploré les cultures arabes et européennes avant de se lancer dans le travail de la pâte de verre. Aujourd'hui, Eri Maeda expose en France et à l'étranger ses œuvres en verre dont voici quelques exemples.

  Écoulement ambre, Eri Maeda (photographie de François Golfier)


    Turquoise, Eri Maeda 


Et d'autres œuvres sur son site :  http://www.erimaeda.com/

 


Jean-Christophe Diedrich

vendredi 8 février 2013

Hopper et l'ultra moderne solitude américaine


L'exposition Hopper du Grand Palais a fermé ses portes, il y a quelques jours. Le succès populaire de ce peintre américain est remarquable, 750 000 entrées en quelques mois. "Il fallait y être" malgré l'attente et l'impossibilité de réserver.
Cette exposition aura servi à imposer définitivement Hopper auprès du grand public. En effet, le peintre a eu du mal à s'imposer dans notre pays, on met en cause sa médiocrité technique (Hector Obalk) ou encore son rigorisme puritain qui glace les atmosphères les plus chaudes. Aussi,  longtemps Hopper n'a pas été la tasse de thé du public français. Mais cela a bien changé depuis peu !

    Nighthawks, 1942

Edward Hopper est né à Nyack, située à 40 km au Nord de NY en 1882. Il est le fils d'un commerçant assez aisé. A la fin de ses études secondaires, il entame un apprentissage artistique par correspondance. En 1900, Hopper intègre la New York School of Art.Formé à l'illustration, il change rapidement de créneau pour s'intéresser aux Beaux-Arts. En 1902, son nouveau professeur, Robert Henri l'initie au portrait et à l'autoportrait. 

En 1905, il est engagé comme illustrateur par une agence de publicité new-yorkaise. L'année suivante, il réalise son premier séjour à Paris, influencé par les tableaux des impressionnistes, il abandonne la palette sombre habituellement utilisée à la NY School of Art, c'est là qu'il peint ses premiers bords de Seine. Il y  admire bien sûr, les impressionnistes mais aussi Albert Marquet ou Félix Vallotton.


                                          Pont des Arts, 1907

En 1908, il s'installe à NY et exerce  son métier d'illustrateur sans beaucoup de passion. Sous l'influence de Robert Henri, Hopper abandonne les sujets "français" pour se lancer dans une représentation de la modernité américaine.

 Illustrations publicitaires de Hopper.

En 1912, expose à la 2ème exhibition of Independent Artists à NY organisée par Robert Henri. Ses œuvres passent assez inaperçues.
Entre 1915 et 1923, Hopper explore la gravure. Ses gravures illustrent des articles de différents magazines. 


                               Croquis de JC Diedrich d'ap. gravure


En 1924, il expose pour la première fois, seule et rencontre un certain succès, il a 42 ans. Les 16 aquarelles sur la Nouvelle-Angleterre sont vendues. Hopper est alors classé dans la peinture réaliste de sujets autochtones et familiers.

                                                  Gloucester, aquarelle,  1924


En 1925, il peint la célèbre maison au chemin de fer, celle qui inspirera un peu plus tard, Alfred Hitchcock dans son film, Psychose. Le tableau est exposé l'année suivante et le critique Lloyd Goodrich écrit "Le plus saisissant de l'exposition...Sans autre prétention que d'être un portrait simple et direct d'une maison laide dans un endroit laid, ce tableau réussit à être  l'un des travaux réalistes les plus poignants et désolants jamais vus". En 1930, le tableau arrive dans la collection permanente du Moma de NY.
 
                                          House by the Railroad, 1925

En attendant, Hopper a définitivement rompu avec l'influence française et ses nouvelles œuvres sont de plus en plus marquées par le caractère américain des sujets.




En 1933, le Moma de Ny organise la première rétrospective Hopper, c'est le 3ème peintre américain à connaître cet honneur. Plusieurs critiques déplorent cependant le manque de modernisme de son art. L'année suivante, Hopper expose à Chicago mais aussi à la biennale de Venise.Sa carrière de peintre semble alors s'établir, il est reconnu et arrive à vivre de la vente de ses toiles.


En 1941, il est photographié par Arnold Newman. A cette date, Hopper est devenue une grande figure de la peinture américaine, il peint l'année suivante, la plus célèbre de ses toiles, Nighthawks mais ses détracteurs continuent à souligner le caractère puritain et froid de sa peinture, le réduisant à un bon illustrateur.

En 1943, le Moma de New-York achète le tableau Gas



Dans une lettre destinée à Mrs Frank B. Davidson en janvier 1947, Hopper prend une position claire vis-à-vis de la peinture abstraite :
"Il y a une école d'art qui se nomme abstractionniste ou non-objective qui est dérivée principalement du travail de Paul Cézanne, et tente de créer une "peinture pure" , c'est-à-dire un art qui utiliser la forme, la couleur, et le dessin en soi, indépendant de l'expérience de vie humaine et de son association à la nature. Je ne crois pas que ce but puise être atteint par un être humain."

                                    Portrait of Orleans, 1950

En 1952, il rejoint un groupe d'artistes qui protestent contre la tendance du Moma à favoriser l'art abstrait. Il publie alors dans la revue, Reality
Les années 50 voient donc s'opposer deux grands figures de l'art américain Pollock et Hopper mais avec l'émergence du Pop Art au début des années 60, Andy Wharhol arrive à calmer ces débats et propose de se détacher des influences "humanistes" de la peinture réaliste et de s'interroger sur les icônes du quotidien pour en faire des œuvres d'art.

                                    Two comedians, 1966

Hopper termine sa carrière, certes reconnu mais très vite oublié. La France n'expose rien de lui avant 1981 lors d'une exposition au Centre Pompidou sur "les Réalismes". Après une petite exposition à Marseille en 1989, le musée de Giverny expose une sélection d'oeuvres en 2008.

                Interview de Didier Ottinger qui propose quelques interprétations des toiles d'Hopper.

L'exposition du Grand Palais et son très beau catalogue de Didier Ottinger et Tomas Llorens répare un bel oubli faisant de Hopper un artiste reconnu du grand public.


Sources : 
OTTINGER Didier et Tomas Llorens, Le catalogue de l'exposition Hopper, RMN, 2012, 367p
PAJON Léo, Hopper, ultramoderne solitude, Art Magazine, oct 2012
                                                                                                                   

                                                                                                                  Jean-Christophe Diedrich


mercredi 16 janvier 2013

Concert de Manu Katché à l'Arsenal



Ce soir, le groupe histoire des Arts est retourné à l'Arsenal pour son second concert de jazz ! Avant le cours qui débutera prochainement, vous avez eu la chance d'entendre un beau quartet composé de Manu Katché (le batteur), Nils Petter Molvaer (trompette), Tore Brunborg (saxo) et Jim Watson (au piano/orgue)....

Après un début difficile, la salle s'est mise dans le rythme des compositions soignées.  Bien sûr Katché a porté un soin particulier aux rythmiques et à ses solos. Mais Nils Petter Molvaer nous offrait également un son de trompette planant et feutré très original. Quant à l'orgue, il donnait aux morceaux, un groove très seventies. 
Le public a été conquis, la plupart des élèves aussi.

Ici une répétition qui nous montre le travail (filmé et peut-être pas très naturelle) de la formation.




Ici le solo de batterie....d'un autre concert de la même tournée, histoire de se mettre un peu dans le bain.




JC Diedrich


mercredi 12 décembre 2012

La leçon de jazz d'Antoine Hervé, ce soir Duke !


Les élèves d'histoire des arts ont eu la chance d'assister à une belle leçon de jazz du très bon Antoine Hervé. Conteur, il nous a fait partager des histoires de jazz, de Duke, de New-York.
Ponctués d'un pot-pourri de morceaux du grand Ellington.... Et puis, Antoine Hervé n'a pas hésité à se plier en quatre pour nous expliquer les rythmes syncopés, les trucs des jazzmen......mais parfois, je dois l'avouer, j'ai lâché prise.... en pensant, avec un pincement au coeur que décidément les secrets de la musique vont encore demeurer un temps, des secrets !!!




Les leçons de Jazz d'Antoine Hervé_ Duke Ellington par rptsjv92


Il a ensuite imaginé la lettre à Elise de Beethoven en version jazz....et surtout il a joué le très beau morceau (mon préféré !) In a sentimental mood !



Enfin, en prenant des risques inconsidérés vis-à-vis des services de sécurité, j'ai pris ces qlq clichés (à la fin du concert) et je me suis fait gauler !!!!
Je n'ai pas expliqué que c'était pour la bonne cause (ce blog)...J'ai surtout joué l'étonnement que mon appareil puisse faire aussi des flashs à mon corps défendant !!!!!





JC Diedrich

mardi 27 novembre 2012

Olivier Toussaint, le paysage dans la photographie contemporaine



Hier, encore une fois, Olivier Toussaint nous a fait une présentation intéressante de la photographie contemporaine sous l'angle du paysage. 
Après nous avoir interrogé sur ce qui fait de la photographie, une oeuvre d'art, il a établi quelques jalons et repères de l'histoire de l'art. 
Baudelaire doutait pourtant du statut d'art  de la photographie
"L'humble servante des Sciences et des Arts" 1859
Puis il a évoqué le paysage américain avec le mouvement F64 jusqu'à la mission DATAR de 1983 chargeant 28 photographes contemporains d'enquêter sur tous les paysages de France. 
Il nous présenta au détour de quelques clichés, des travaux de photographes très contemporains comme Bernard Plossu, Thierry Girard ou encore Walter Niedermeyer.



Il a également évoqué la différence dans la démarche de l'art des photographes (qui représentent le réel) et la photographie des artistes qui utilisent la photographie comme une expression parmi d'autres.



Jean-Christophe Diedrich

jeudi 8 novembre 2012

Le paysage photographié, Pierre de Fenoÿl


La photographie a perdu, il y a déjà longtemps, un grand photographe, un grand paysagiste, Pierre de Fenoÿl est décédé en 1987 à l'âge de 42 ans d'une crise cardiaque.

St-Martin (Tarn), 1985, mission DATAR

Autodidacte, sa passion pour la photographie remonte à sa prime jeunesse.  Autodidacte, il fut appelé à jouer un rôle dans le monde de la photographie. Archiviste de Cartier Bresson, il est à bonne école. Il dirige ensuite le fonds d'images de l'agence Magnum. Il fonde en 1970 la première galerie dédiée exclusivement à la  photo à Paris. Commissaire sur l'exposition sur Brassaï et de bien d'autres par la suite, il est l'un des fondateurs de l'agence VU. En 1976, il est le premier directeur de la Fondation nationale de la photographie. Il va promouvoir les grands artistes de la photographie : Cartier Bresson, Lartigues, Boubat, Kertesz, Diane Arbus etc.
En 1980, il voyage à New York, en Toscane puis en Egypte. Il expose au Centre G Pompidou en 1984, L'Egypte de Pierre Fenoyl où il impose sa vision de ce pays pourtant photographié si souvent. 


Pierre de Fenoÿl
 "De même que l'écrivain est responsable de son écriture, les photographes sont responsables de ce qu'ils montrent; c'est pourquoi j'ai choisi depuis longtemps le paysage. prendre une photographie à la sauvette, prendre en flagrant délit, n'est plus possible aujourd'hui. Ce n'est pas un vol, la photographie, c'est un don. On ne prend pas, on reçoit. Je ne suis pas un artiste au sens plasticien du terme. Etre photographe, c'est matérialiser une intuition poétique de la réalité. C'est recevoir, apporter, un au-delà que l'on ne soupçonne que par la poésie.
Je bâtis un chronophotoroman. Il sera un seul et même livre, la recherche du temps présent et, une fois achevé, quel rêve de pouvoir le donner à différents écrivains, pour qu'ils écrivent différents romans d'une vie!
C'est avec cette conception que j'élabore des traces du temps vécu, comme des preuves en pensant aux autres. Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. Ce jeu avec le temps ne concerne pas tant mes contemporains que ceux qui verront ce temps disparu"



En 1984, il participe à la mission photographique de la DATAR. Cette dernière avait chargé un groupe de photographes reconnus de recenser les paysages français. Il publie alors une belle série de clichés sur le Sud-Ouest, là où il s'est installé en famille. 
Toujours en noir et blanc avec son  24x36 Leica, il reconstruit les paysages avec méticulosité : cadrage, lumière, il "kidnappe" l'insaisissable beauté des lieux....




 Un site lui rend hommage ainsi que des expositions un peu partout en France.


Jean-Christophe Diedrich








samedi 6 octobre 2012

La 5ème Nuit Blanche de Metz


Metz organisait sa 5 ème Nuit Blanche (voir site) : avec les travaux du Métis la ville donnait l'impression d'une vaste opération surprise de fouilles archéologiques. C'est dans le nouveau quartier sortant de terre que la Municipalité a décidé de concentrer ses efforts.


Pour l'occasion, les automobiles étaient interdites dans le périmètre, la foule investit alors l'avenue Foch qui pour l'occasion voyait surgir au loin un faisceau lumineux, sorte d'arc en ciel érectile....
J'ai eu peur, un moment, au détour d'un immeuble rencontrer Jean-Michel Jarre !
Encore une fois, on avait prévu des installations, des concerts électro : assez décevants, il faut le reconnaître. J'aime la musique Electro si elle ne se résume pas à quelques badaboums rythmiques accentués d'énormes basses pour nous faire oublier l'indigence de la mélodie. 
C'est le sentiment que j'ai eu en écoutant, Aglagla DPT...place St-Thiébault.



Bon, ça ...c'est fait ! Mais oui, enfin, art contemporain peut rythmer avec bien d'autres musiques non ?
Nous avons commencé par deux étonnantes adresses : la première est une boîte gay, le Jet d'eau qui avait ouvert ses back-rooms pour y exposer des photographies et des vidéos. Sincèrement, l'exotisme des lieux de débauche l'a emporté dans un premier temps, sur les œuvres (j'en suis désolé pour les jeunes artistes).




J'y trouvais cependant ce petit dessin de corps, fuselés en blanc sur fond noir....de Julie Fidry.



 L'autre étape de notre Nuit Blanche fut le non moins étonnant, cinéma Royal à la réputation sulfureuse. Cette salle dédiée avant tout la pornographie a des "installations" à faire pâlir les plus prudes d'entre nous. Je garde donc mes clichés et je les archives !!! Ce cinéma construit au début du XXe siècle au cœur du quartier impérial offre une belle salle dans laquelle l'artiste Nicolas Provost nous proposait un court métrage de 6 minutes et des brouettes, intitulé Gravity qui par un montage très serré nous offrait comme par saccade des baisers des plus grandes stars de Hollywood....la persistance rétinienne faisait alors le reste.....le tout sur une musique en accord avec le sujet.
Ces quelques minutes rendaient hommage à ce cinéma des Grace Kelly, des Cary Grant, des James Stewart aux Steve Mac Queen.....une élégance, une nostalgie.


Dans le Choeur de la belle chapelle du Grand Séminaire, une installation de "débris de verre" suspendu (sponsorisée par Car Glace ?) se reflétait sur la voûte du bâtiment. Rachel Maisonneuve a créé cette installation Uteria pour cette 5ème NB..... L'ensemble est élégant dans un lieu que je ne connaissais pas très bien.


Bien sûr, Pompidou Metz était de la partie sans véritablement ouvrir ses portes, il a prêté ses murs extérieurs à un son et lumière intitulé Paleodictyon, projet du label AntiVJ de Simon Geilfus et Yannick Jacquet. Une musique un peu inquiétante, des vers sur le toit puis une explosion d'alvéoles, de formes et d'autres utilisaient la toiture singulière du Centre Pompidou. Pas si mal !



Pour finir, la gare de Metz, que Maurice Barrès qualifiait en son temps de "tourte verte" ouvrait ses salons. Marie-Noëlle Deverre avait investi l'escalier d'honneur orné de fil barbelé rose, on trouvait un danseur presqu'immobile  qui, comme dans un boîte à musique tournait depuis longtemps dans une belle indifférence. Le rendu était finalement étonnant et pas inintéressant. 



La 5è NB a fermé ses portes et ré-ouvert ses rues, elle a le grand mérite d'exister, rendant notre ville un peu moins endormie. Dans ce contexte d'économie budgétaire, je me permets malgré tout de souligner que l'Art contemporain ne se résume pas à des performances vidéos ou  électro sur grand écran. Tout cela manquait d'artistes vivants, de performances visuelles, de peinture.... bref, j'aurais aimé une plus grande variété des supports.....Vivement la 6è NB et merci aux nombreux organisateurs et personnels qui ont fait la réussite de cette édition.

Jean-Christophe Diedrich