lundi 16 janvier 2012

Les paysages dans la photographie contemporaine


On peut le dire, nous avons de la chance d'accueillir, une fois de plus le photographe Olivier Toussaint qui nous a fait une intervention de qualité sur le nouveau thème au programme : le paysage.





Olivier a débuté son intervention en nous rappelant ce qu'est l'art conceptuel puis le pictorialisme.






Il oppose aussi la tradition du paysage américain, mélancolique, sublime et romantique à la tradition européenne où le paysage est fortement marqué par l'empreinte humaine.

Il a terminé son intervention par les paysages urbains et ses clichés qu'il va bientôt publier dans une revue.



Voir sa série : Journal de campagne
Voir ses paysages dans la revue : Focale alternative p 44

Jean-Christophe Diedrich

mercredi 11 janvier 2012

La leçon de Jazz d'Antoine Hervé : Chick Corea
















Belle et bonne soirée à l'Arsenal de Metz en compagnie du très talentueux Antoine Hervé : pianiste mais aussi conteur......qui nous a émerveillé avec ses éclairages sur la technique musicale d'un grand du jazz,  Chick Corea. Ce qui est, sans conteste, une belle entrée en matière, sur notre cours sur le jazz. 



 
Comme nous pouvons le voir sur ce cliché pris à la fin du concert, le dispositif mis en place, nous incitait à suivre les mains d'Antoine Hervé virevolter sur le clavier de son piano. Accompagnées d'explications et de démonstrations, cela a eu aussi pour conséquence de décourager toute velléité à me mettre un jour au piano.
Voici, un extrait de la Leçon de Piano dédiée à Keith Jarrett...le dispositif et le style de l'intervention était un peu identique.



Nous avons ainsi appris que Chick Corea est un grand compositeur qui a exploré tous les registres du jazz. Qu'il a été tout d'abord influencé par la musique espagnole mais qu'il s'est acoquiné par la suite avec le Jazz fusion, le Jazz rock et bien d'autres styles.

Enfin, il n'a pas hésité à mettre son talent au service d'autres musiciens, Dave Holland, Gary Burton, Herbie Hancock, Aldi Meola ou encore le grand Miles Davis. 



Voici quelques extraits pêchés sur Youtube : un standard "Smile" avec l'hallucinant Bobby Mc Ferrin



Et voici, une belle version de Spain, l'un de ses tubes....au mille versions !



Avishai Cohen et Chick Corea



JC Diedrich

jeudi 29 décembre 2011

Fred Herzog ou la Street photography en couleur

Fred Herzog (1930-) est un photographe haut en couleur qui dépeint sa ville de Vancouver en étant l'un des premiers à maîtriser aussi bien le Kodachrome. 
 
  
 
 
Il quitte en 1952 son Allemagne natale encore en pleine reconstruction car son père et sa mère ont disparu durant la 2nde GM. Il multiplie alors les petits boulots dont celui de pêcheur avant d'émigrer au Canada. En 1953, il commence à photographier Vancouver (la côte ouest du Canada) sur des diapos en couleur alors qu'à NY et en France, les photographes humanistes partisans de la  Street photography conservaient le choix esthétique du Noir et Blanc. 
Pour se nourrir, il  pratique également la photographie médicale et enseigne la photographie à l'Université (University of British Columbia) entre 1969 et 1974.
 

 
 
La ville de Vancouver sera le principal objet de son oeuvre malgré quelques infidélités à sa ville d'adoption, comme Mexico, Portland, Toronto. Si il commence à faire des photos au début des années 50, il n'exposera seulement qu'une décennie plus tard. Rapidement, on trouve ses clichés digne d'intérêt et participe à plusieurs expositions mais il  n'exposera seul qu'en 1972 à la Mind's eyes of Vancouver.
Une rétrospective a eu lieu en 2008 et l'a définitivement consacré comme un grand photographe aux yeux de ses concitoyens mais plus largement auprès des amateurs de photographie d'art.
 
 

 

 

 
On trouve dans ses clichés toutes les références de l'Amérique du Nord des années 50. L'American Way of life, bien sûr, les néons, les grosses voitures, les publicités, Coca Cola....mais aussi comme ici, des enfants tout droit sortis des peintures de  Norman Rockwell..... Les vues nocturnes quant à elles,  évoquent à s'y méprendre les atmosphères des peintures de Howard Hopper.
 

 
Et puis, il y a ces personnages saisis dans leur attitude quotidienne, un homme blessé qui appelle le taxi sous le regard incrédule de la vieille dame qui attend.
 
 

 
Il aime également jouer avec les vitrines. Elles constituent en quelque sorte un filtre coloré et étrange pour regarder la rue. Il joue alors avec les plans et offre le regard de l'habitant sur sa propre rue.

 
Parfois le photographe scrute la rue de la hauteur de sa fenêtre....des atmosphères de Shaft, de Serpico nous envahissent alors....une Amérique du début des années 70 nous invite à remonter le temps.
 

 
Depuis 2008, Fred Herzog connaît un succès grandissant, il expose désormais aux EU mais aussi en Europe en Allemagne et en France (à Toulouse à la Galerie du Château).

Pour aller  :
http://www.lacritique.org/article-fred-herzog-un-coloriste-canadien-d-exception

 
Jean-Christophe  Diedrich

samedi 3 décembre 2011

Mike Disfarmer le photographe misanthrope aux photos humanistes


Je promenais mon regard sur les rayons de la Médiathèque, un peu en mal d'inspiration quand je me suis arrêté sur un livre de l'excellente collection Photo poche d'Actes Sud....J'y trouvais des portraits de Mike Disfarmer à la pelle sentant bon l'Amérique profonde, celle qui nous fascine mais nous fait un peu peur parfois. Un balayage visuel rapide des pages me précipitait dans l'atmosphère étrange de De Sang froid de Truman Capote.....




Ma journée pluvieuse sera donc éclairée par cette belle découverte, celle d'un étrange photographe, Mike Disfarmer (de son vrai nom Mike Meyer).  Né en 1884 dans l'Indiana, fils d'un cultivateur d'origine allemande, Mike s'installe dans la petite ville de Heber Spring (Arkansas) et y ouvre son studio de photos. En 1925-26, il y construit son propre atelier donnant sur la rue principale de la trop petite ville. 
1939, il décide étrangement de changer de nom : Meyer (qui veut dire fermier) se transforme en Disfarmer....La germanophobie grandissante pourrait aussi expliquer cette décision mais rien n'est moins sûr. 

                                                         Autoportrait, vers 1940

Après 1945, Disfarmer poursuit sa carrière de petit photographe de province comme il en existe sans doute des milliers. Il tire à longueur de journée, le portrait de ses clients : sans toute pour de grandes occasions.  Son atelier est d'un grand dénuement, peu d'accessoires, des fonds sombres ou clairs....le minimum d'artifices non pas par choix esthétique mais plutôt sans doute par manque de moyens.


Mais cela n'est pas bien grave, pendant près de quarante ans, il va photographier les paysans du coin, les petites gens fatiguées par le temps, le travail et la vie. Et nous croisons leur regard, leur visage.....
Disfarmer ne s'est jamais marié, il vit seul et n'a pas d'amis....Le misanthrope ne fait pas beaucoup d'efforts. Isolé, seul son métier de photographe lui donne l'occasion de côtoyer quelques minutes ses clients de passage. 


Pourtant, ces portraits sont d'une rare élégance...Ils transpirent une époque, des histoires individuelles, des joies, des drames....A sa façon et sans l'ambition artistique déclarée d'Auguste Sander ou de Diane Arbus, il nous décrit ses contemporains qui ont décidé d'entrer dans sa boutique pour immortaliser leur trombine. Bien sûr, ils font tous la pose mais leurs gestes laissent deviner un amour, une affection, une camaraderie, une douleur. Quant à leurs regards, ce sont les portraits du Fayoum du 20e siècle qui vous fixent avec profondeur !



En 1959, Disfarmer meurt dans sa boutique. Il faut attendre plusieurs jours avant que quelqu'un s'inquiète de cette fermeture inattendue et néanmoins définitive. Un ingénieur à la retraite, Joe Allbright rachète le studio et découvre plus de 4200 négatifs sur des plaques de verre.



En 1974, le propriétaire envoie quelques photos de Disfarmer au patron de la presse locale, Peter Miller qui rachète l'essentiel de la collection et décide d'en publier une partie dans des ouvrages de photos. Le photographe misanthrope atteint une reconnaissance qu'il n'avait sans doute jamais recherchée.





Un site internet est consacré à son œuvre.  http://www.disfarmer.com/ 

Jean-Christophe Diedrich

samedi 19 novembre 2011

200 000 visites, ne faisons pas la fine bouche !

Le blog HIDA vient de dépasser les 200 000 visites !!!
Même si on peut émettre quelques réserves sur le délicat calcul de ce compteur.. 
En trois ans d'existence, nous avons enrichi le blog par des contributions régulières (près de 160 articles) et complétées par des articles sur les blogs de Seconde et Première.

Depuis cette années, nous avons un sommaire qui permet d'accéder plus rapidement à des oeuvres photographiques, cinématographiques, d'architecture, de sculpture, de la musique ou de la BD.





Le blog est à l'origine de nombreuses découvertes personnelles que nous avons tentées de partager avec vous.
Ces 200 000 visites montrent que nous avons parfois réussi ce partage.


JC Diedrich

Les ressources pour choisir une oeuvre pour le bac

dimanche 6 novembre 2011

Philippe Cognée ou l'urbain troublé

Philippe Cognée (né en 1957 en Loire Atlantique) est un peintre français de l'urbain. Il propose une approche singulière de nos espaces quotidiens. Ces peintures sont généralement le fruit d'un traitement particulier. Elles sont toutes marquées par un flou, un éclaboussement de lumière.....finalement très photographique.



Il procède en effet de la façon suivante : lire les indications sur l'image qui suivante.



Voici une interview de Philippe Cognée

mais aussi qlq toiles ici

En dehors de l'aspect purement technique de sa création, Philippe Cognée nous emmène dans un univers quotidien que notre regard néglige du fait de sa laideur : les autoroutes, les ponts, les immeubles, les supermarchés.

                                 Supermarché, 2000, 83cm  x 110cm

Le peintre fait généralement l'économie de la couleur pour rendre ses plus austères mais fatalement plus contrastés, plus glacés (ici dans tous les sens du terme). On est ainsi bluffé par le rendu des "textures urbaines".




Peintres réalistes sa technique et son cadrage particulier amène le spectateur à se perdre et à flirter avec les représentations abstraites....qui séduisent. En effet, le regard, selon l'humeur identifie ce qu'il représente ou au contraire s'égare dans l'abstraction.

                                Foule à Casablanca, 2005, 150x200 cm

                                Bibliothèque orange, 2002, 89x116cm
JC Diedrich