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mardi 24 novembre 2009

l'étoile d'Edgar Degas


L’Etoile, un nom faisant référence à la rêverie pour certains et à une boîte de nuit branchée pour d’autres. Pour Edgar Degas, l’Etoile est un ballet, un ballet qui se danse seule au milieu de la piste, avec pour seuls partenaires la grâce et la séduction du publique.


I/Présentation de l’œuvre

Titre : L'étoile (ou La danseuse sur scène).
Dimensions : 44 x 60 cm.
Peintre : Edgar Degas (Hilaire Germain Edgar de Gas), peintre impressionniste et sculpteur, né en 1834 et mort en 1917, fera ses études à l’Ecole des Beaux-arts
Type de peinture : Huile sur toile.
Année : 1876
Mouvement : Impressionniste
Exposition : Musée d’Orsay, Paris.

La petite histoire :


L’artiste était très intéressé par les danseuses, en tant que professionnelles, surtout au moment de leurs exercices, de leurs répétitions ou encore pendant qu’elles attendaient. C’est pour cela que cette toile est différente des autres.

II/Analyse technique de l’œuvre

Description : Placée au centre, seule, une danseuse est entourée par ses spectateurs. Dans le publique, disposé en cercle et debout, on distingue un homme et un petit groupe de danseuses le reste demeure très abstrait.


La composition : Au premier plan vient la soliste, puis autour d’elle se dessine un cercle vide et enfin un deuxième cercle représenté par le publique.


Les couleurs : Elles sont plutôt chaudes, sombres, où les touches d’ocre sont très présentes. Vêtue de blanc, la danseuse se démarque des autres par sa couleur, en effet, le publique a été peint avec un rouge orangé où seul un homme en noir et quelques danseuses d’un blanc moins prononcé que la soliste sont plus visibles.


Technique utilisée : Peinture à l’huile, un flou permanent qui est l’une des caractéristiques de l’Impressionnisme. L’unique personnage où un certain détail reste présent reste la ballerine.

La lumière : Elle provient du bas gauche du tableau et se reflète principalement sur la valseuse. Les seules zones d’ombre se trouvent au niveau des spectateurs, derrière la danseuse.


III/Interprétation de l’œuvre

Degas avait pour habitude de peindre les danseuses en dehors de leurs spectacles. Sur cette toile, on peut penser que l’artiste a voulu immortaliser un moment unique. La danseuse ici présente nous offre une arabesque où son équilibre est parfait. Sa grâce et sa technique sont perceptibles dès lors que notre regard se pose sur elle et le vide laissé autour d’elle doit être la conséquence d’une constante évolution de sa représentation. Etant donné la posture du publique que nous avons évoqué auparavant, le spectacle s’est peut être déroulé à l’improviste. La position circulaire de celui-ci montre que tout tourne autour du ballet. La danseuse représente un objet de divertissement, de fascination, de mystère.



Sophia Benferat



mercredi 11 novembre 2009

Champ de blé aux corbeaux.


1) Présentation de l'oeuvre :

Titre : Champs de blé aux corbeaux

Auteur : Vincent Van Gogh

Biographie :

Peintre néerlandais, né à Groot-Zundert le 30 mars 1853 ; fils d'un pasteur protestant, il fut baigné dès son plus jeune âge dans le monde religieux. Il débute des études de théologie puis choisit finalement de se consacrer à la peinture. Artiste non reconnu et incompris de son vivant, Van Gogh est l’un des grands peintres du 19ème siècle. A partir de 1869, Van Gogh devint commis, Ses premières œuvres sont sombres elles expriment la pauvreté et la misère des mineurs à laquelle il est très attaché. En 1886, il s'installa à Paris et vécut avec son frère Théo qui dirigeait une petite galerie de tableaux. Il fit rapidement connaissance des jeunes peintres qui animaient les mouvements artistiques les plus innovants, influencé par l'œuvre des impressionnistes .En février 1888, il quitta Paris pour le Sud de la France où il peint des paysages et des scènes de la vie méridionale. L'artiste, installé à Arles, persuada Paul Gauguin, qu'il avait rencontré à Paris, de le rejoindre. Après moins de deux mois de travail commun, leur relation se dégrada et s'acheva par une dispute célèbre au cours de laquelle il menaça Gauguin avec un rasoir. Cette même nuit, il se trancha une oreille. Quelques mois plus tard, il décide d'entrer de plein gré à l'asile de Saint-Rémy-de-Provence où il peignit avec acharnement. C'est d'ailleurs de cette période que date un grand nombre de ses chef-d’œuvres. En mai 1890, l'artiste quitta le Midi et rejoignit son frère Théo à Paris. Quelques temps après, le 27 juillet 1890, il se tira un coup de revolver et décéda deux jours plus tard à Auvers-sur-Oise dans les bras de son frère.

Date de réalisation : Juillet 1890 à Auvers

Type de l’œuvre : Tableau huile sur toile

Dimensions : 50,5 x 100,5 cm

Lieu de conservation : Amsterdam Rijksmuseum Vincent Van Gogh

Genre : Paysage

Contexte historique :

Cette œuvre est née durant la 3ème république, après le Salon des refusés, et 9 ans après que l’école primaire ait été rendue obligatoire et gratuite, et juste avant la création du parti socialiste (1905). Une amélioration des conditions de vie est aussi à constater. Avec la croissance économique, une hausse de l’hygiène un recul de l’analphabétisme (…) le pays s’est socialement développé.

Ce tableau est l'une des dernières oeuvre réalisés par Van Gogh, avant sa fin tragique on retrouve des références à ce tableau dans ses dernières lettres à Théo.

2) Analyse technique de l'oeuvre :

Description :

Ce tableau représente un paysage rural, un champ de blé de Auvers, ainsi que trois chemins de terre et d'herbe pour traverser ce dernier. Le ciel de ce tableau est très sombre il est ainsi difficile de juger si la scène se déroule durant la nuit. Il y a de nombreux corbeaux dessinés d'un simple coup de pinceau noir, d’une façon rapide et très schématique. Ainsi, ils se confondent quasiment avec le noir du ciel. Cette peinture ne représente pas de présence humaine seul la nature et les oiseaux figurent sur la toile.

Composition :

Il y a une ligne horizontale qui coupe le tableau en deux plans, le premier comportant les champs et les sentiers et le second : le ciel et les corbeaux. Ainsi qu’une ligne verticale qui divise le tableau en deux parties à peu près symétriques. Cette ligne traverse le chemin de terre situé au centre de la peinture, et sépare en deux les terres agricoles.



Il y a également des lignes diagonales qui traversent les chemins de terres et une ligne qui correspond à l’envol des corbeaux. Ces lignes montrent la perspective des trajectoires et les mouvements du tableau et créent également un effet de profondeur à la toile grâce aux axes tracés par les sentiers de terre à travers les champs.



La technique utilisée:

L’artiste pour cette oeuvre comme pour un bon nombre de ses tableaux a utilisé la peinture à l'huile. On pourrait croire qu’il a utilisé une spatule, ou un couteau, un outil comprenant une lame pour étaler la peinture.

Le dessin :

Les traits sont épais et imprécis, presque délirants. Les couches semblent désordonnées, elles sont détachées et superposées. Il y a des marques distinctes, sur les bords la peinture semble étalée avec énergie. On pourrait comparer ce geste à des coups de couteau.

Les couleurs : Les couleurs utilisés sont les couleurs chaudes comme le jaune électrique la couleur terre et le vert au premier plan, mais aussi des couleurs froides pour le ciel en arrière plan le peintre a utilisé du bleu nuit et quelques touches de bleu plus clair, se rapprochant du bleu ciel ou pastel. Les couleurs, qui ne sont jamais mélangées, sont très contrastées et créent une violente rupture entre les différents éléments. Enfin de légères touches de noir pour représenter les corbeaux. Ces couleurs sont étalées par de larges touches plutôt écartées.

La lumière:

Dans ce paysage, les sources de lumière sont inexistantes, le champs ne renvoie aucun ensoleillement ce qui s’explique par la couleur et les tons sombres du ciel.

3)Interprétation :

Intentions de l’artiste :

Van Gogh peint le paysage avec un ciel sombre et il fait régner une atmosphère angoissante due à la présence des corbeaux. Ces derniers sont un présage funeste, comme dramatique, ils annoncent un destin auquel on ne peut échapper. Le paysage réel est comme déformé par la vision intérieure du peintre, qui est en détresse et au bord de la névrose, il exprime nerveusement son mal de vivre dans la toile. Cela se confirme quand on sait que cette toile et la dernière peinte pas l’artiste et que c’est au bord de ce même champ que celui-ci se donnera la mort.

Contextualisation :

Nous pouvons affirmer que Van Gogh n’est pas vraiment dans les clous de l’impressionnisme, il se démarque sur plusieurs points. Tout d’abord, ce tableau est principalement sombre, les couleurs sont vives mais ne sont pas gaies et claires. Nous ne voyons aucune modernité, pas de machines agricoles, pas de bâtiment au loin… Enfin, l’artiste « pose » les couleurs sur la toile sans vraiment les mélanger, bien que les formes soient floues, il n’y a aucune gradation de tons ou de couleurs comme chez les impressionnistes.

Portée de l’œuvre :

Cependant cette caractéristique des marques distinctes sera largement reprise dans la peinture du 20eme siècle notamment dans l’expressionnisme.

Cette œuvre est innovante car elle peut être considérée comme une avant-garde au courant expressionniste. Van Gogh va beaucoup influencer les artistes qui suivront comme par exemple Picasso ou encore Matisse.

mardi 10 novembre 2009

|| LES RABOTEURS DE PARQUETS DE GUSTAVE CAILLEBOTTE ||



I) Présentation de œuvre

  • Titre: Les raboteurs de parquets
  • Auteur: Gustave Caillebotte
  • Réalisation: 1875
  • Type de œuvre tableau
  • Support: Huile sur toile
  • Dimension: 102 x 146,5 cm
  • Conservation: Musée d'Orsay, Paris (don en 1894)
    Genre: scène de genre ( vie quotidienne )



.Lumière sur...


Gustave Caillebotte est un peintre, collectionneur et mécène français né à Paris le 19 août 1848 et mort à Gennevilliers le 21 février 1894, à l'âge de 45 ans.Après avoir commencé des études de droit, il entre dans l'atelier du peintre académique Léon Bonnat. En 1873, il réussit l'examen d'entrée de l'Ecole des Beaux-arts. Issu d'une famille d'industriels, il hérite à la mort de son père, en 1874 d'une fortune suffisamment conséquente pour pouvoir se consacrer à sa passion : la peinture. Il s'en sert aussi pour devenir le mécène de ses amis peintres, parmi lesquels Renoir et Degas. Il finance aussi l'organisation d'expositions impressionnistes.
En 1875, son tableau : " Les Raboteurs de Parquet " est refusé au Salon. Les années suivantes, il exposera au cours de différentes expositions impressionnistes.
A partir de 1876, il commence à collectionner les peintures de ses amis peintres, et se montre très généreux sur les prix auxquels il acquiert ses œuvres Il entre ainsi par exemple en possession du Bal du Moulin de la Galette de Renoir.

Après sa mort, l'Académie des Beaux Arts protesta contre l'entrée de ces tableaux au musée du Luxembourg, en qualifiant cela d' "offense à la dignité de notre école".
Longtemps plus reconnu comme mécène que comme peintre d'importance, Gustave Caillebotte a été redécouvert dans les années 1970. Certaines de ses œuvres se trouvent maintenant au musée d'Orsay à Paris. Très connu aux Etats-Unis, il a fait l'objet d'expositions montées à Houston et Brooklyn en 1976, et au Grand Palais à Paris fin 1994.



.Contexte:


A partir de 1875, après la défaite de Sedan et la chute du Second empire, apparaît la IIIe République. Mais elle n'est réellement considérée qu'en 1875, après une lutte entre monarchistes, bonapartistes et républicains. C'est alors une période de grande rénovation pour la ville de Paris. En effet, c'est là qu'apparaissent les fameux boulevards Haussmanniens symbole de la volonté de modernisation de l'époque. Cette modification architecturales va profondément modifier le tissu social. Les ouvriers sont dès lors repoussés à la périphérie de Paris, loin des quartiers bourgeois. C'est donc une période connue pour sa volonté de changement, tant social que culturel, ainsi que ses nombreux progrès, tout en sachant qu'elle traverse la Révolution industrielle.

 

II) Analyse technique de œuvre



.Description de œuvre

La scène se passe dans un grand appartement de Paris. Trois hommes s'affairent à raboter le parquet, comme le suggère le titre du tableau lui-même. Le dos nus, ils sont agenouillés de façon à ce que l'on ne distingue que partiellement leurs visages. On remarque tout de suite que l'un d'eux est isolé sur la gauche, contrairement aux autres, il est disposé parallèlement à l'arrière plan. Ces coéquipiers, plus en avant lui tournent le dos et semblent discuter entre eux. La séparation est d'autant plus suscitée par le rayon lumineux qui provient de la porte fenêtre du balcon, à l'arrière plan, qui ouvre sur la rue. Outre les ouvriers, l'artiste accorde beaucoup d'importance aux outils utilisés. En effet, sont éparpillés sur le parquet un marteau, une lime, des sacs à outils et une bouteille de vin avec son verre rempli. De plus les ouvriers utilisent des rabots bien visibles, parmi les copeaux jonchant le sol.



.La composition:


Comme on le voit sur le schéma , la perspective du tableau (trait jaune) se limite a une seule pièce, en reprenant les rainures du parquet déjà dessinées. Ainsi, nous distinguons clairement le travail déjà fait de celui en cours et enfin de la partie restant à faire. On remarque l'alignement des deux hommes de droite par rapport à ces lignes de fuites. Elles sont coupées par les gravures rectilignes du mur de l'arrière plan qui suscite un effet de profondeur ( lame du parquet, angle de la pièce ). Les personnages constitueraient les points de forces de œuvre En ce qui concerne les différents plans du tableaux, on peut constater que les deux raboteurs de droites s'inscrivent dans le premier plan, alors que le dernier est volontairement exclu, au deuxième plan, à l'extrémité gauche de la toile. Enfin, le dernier plan nous donne à voir le fond de la pièce, et son balconnet, qui nous laisse apercevoir la rue et ses bâtiments haussmanniens. Le peintre laisse un espace vide au centre de œuvre accentué par la lumière, qui souligne la séparation flagrante des ouvriers.



.La technique utilisée et dessin:



Il utilise la peinture à l'huile pour arriver à un résultat très précis, avec des couleurs plus prononcées. Ainsi il peut donner un effet de lumière par le jeu des ombres et des reflets, et un effet ciré, qui n'est pas possible avec par exemple de l'aquarelle. Le dessin quant à lui, caractéristique de l'impressionnisme se veut très réaliste de par sa netteté des traits, donnant presque un impression de photographie. Il permet une observation pointue des moindres détails du tableau, tel que la musculature des ouvriers, les ferronneries du balcon, ou encore l'alliance que porte celui du milieu.


.Couleurs et lumière:


Ce qui prime dans cette œuvre c'est la lumière, et son utilisation grâce à une palette froide, terne et sombre, aux tons neutres et sévères. En effet on peut constater l'importance de la lumière dans le tableau par le faisceau lumineux provenant de l'extérieur, (voir schéma lignes rouges ) qui traverse distinctement la pièce. D'autre part, l'artiste utilise en parallèle des touches de couleurs chaudes (ocre, marron...) qui contrastent ensuite avec des couleurs plus sombres comme le gris et le noir. On peut supposer la présence d'un glacis, qui donne une brillance et une profondeur aux tons du tableau. La peinture est déposée par petites touches fines et continues qui se rajoutent au réalisme de la toile.


III) Interprétation de œuvre


En donnant un aspect de profondeur, l'artiste offre au spectateur un point de vue dominant sur la scène. Son regard est attiré par la forte luminosité qui se reflète sur les corps nus des trois hommes. Ils ont chauds, ont ôté leurs chemises pour travailler ce qui suggère la dureté de leur travail et l'effort que cela leur demande. La présence de la bouteille de vin accentue leur besoin de se désaltérer. Caillebotte a voulu représenté un sujet réel, mettant en avant le classe prolétarienne plutôt que l'aristocratie, ce qui lui valut de vives critiques étant donné le côté novateur de œuvre. Il met sur le devant de la scène de simples menuisiers, spécialisés dans la pose et l'entretien de parquet, d'habitude laissés dans l'ombre, dénigrés, comme le suscite leur placement dans le tableau, soit au bord du champ de lumière. Cela laisse penser que l'artiste leur offre la possibilité de sortir de cet anonymat, d'obtenir la reconnaissance qu'il leur est dû, face à l'ingratitude qu'on porte à leur métier, tout comme à leur classe.

On reconnaît ici l'aspect impressionniste de œuvre de par son thème dénonciateur d'une réalité dérangeante, mais aussi par l'importance de la luminosité et du rendu du mouvement qui sont caractéristiques du courant impressionniste On peut imaginer que l'apparition de la photographie, en 1839, a influencé les choix de l'artiste, en ce qui concerne la mise en scène et l'effet de réel de œuvre De plus, il dépeint ici un appartement bourgeois des rues Haussmanniennes qui à l'époque, révèle urbanisation qui flotte sur la ville de Paris, sujet qui tient à cœur a Caillebotte.

Bien que "Les raboteurs de parquet" soit l'œuvre la plus significative de Caillebotte, elle n'en est pas moins désapprouvée par les contemporains qui la jugent trop réaliste, bourgeoise et anti-artistique en raison de sa "transparence". Caillebotte ne se cache pas de dévoiler la réalité des conditions de vie de l'homme moderne de ce siècle. C'est la vraie raison pour laquelle les critiques de l'époque ne le considèrent pas à sa juste valeur comme on le fait aujourd'hui, mais plutôt comme le mécène de l'impressionnisme.

D'ailleurs, pour illustrer la volonté de Caillebotte on pourrait citer P-J Proudhon qui dit un jour : "L'art ne s'est occupée jusqu'à présent que des dieux, des héros et des saints; il est temps qu'il s'occupe des simples mortels..."

 

.Avis personnel : Cette œuvre nous a attiré non pas pour son esthétisme, qui n'en est pas moins présent pour autant, mais pour sa portée, pour le problème qu'elle dénonce. C'est ainsi que Gustave Caillebotte se distingue, selon nous, des autres peintres impressionnistes. C'est probablement de cette façon qu'il s'en éloigne aussi, mais il n'empêche qu'il est capable de faire passer des messages importants par ses peintures et cela en maitrisant grandement sa technique. Ce tableau nous " impressionne " par ailleurs par le réalisme dont il fait preuve, car, la première fois qu'il nous est apparu, ce n'est pas face à une œuvre picturale que nous pensions être mais devant une photo. [ On apprécie donc beaucoup œuvre et puis de toute façon c'est la seule qui restait... vu que Kim et Maxime pour ne pas citer de noms nous ont piqué notre premier choix. ]

 



 Loriane et Laura..

lundi 9 novembre 2009

L'Avenue de l' Opéra par Camille Pissarro

Présentation de l’œuvre :


.Titre de l’œuvre :Avenue de l’Opéra (de Camille Pissarro 1830-1903)


.Auteur : Pissarro est peintre et graveur, né le 10 juillet 1830, à Saint-Thomas, île danoise des Antilles, d’une mère créole et d’un père israélite. A douze ans, il traverse l’Atlantique pour parfaire son éducation. En 1847, son père le rappelle à Saint –Thomas pour qu’il l’aide dans son activité de négoce. Il rencontre le peintre danois Fritz Melbye et abandonne bientôt la quincaillerie paternelle pour se rendre au Venezuela puis de nouveau en France. De cette façon, il découvre l’Exposition universelle de1855, Delacroix, Corot, Courbet, Daubigny, Millet, mais il aime à fréquenter les ateliers des peintres officiels. Ainsi, Pissarro ne tardera pas à s’installer à Paris ou dans les environs afin de peindre ses tableaux. A l’instar de Corot (peintre français, paysagiste qui annoncera l’impressionnisme), Pissarro considéra avec minutie l’écoulement des heures afin d’inscrire certaines valeurs. Toutefois, Pissarro devra attendre l’exposition réalisée chez le photographe Nadar en 1874 qui fait connaître Pissarro et ses amis. Une marine de chez Claude Monet Impression Soleil Levant donne l’idée au critique du Charivari, du surnom ironique « d’impressionnistes » à ces révoltés selon lui incapable d’achever un tableau. Pour Pissarro cette lutte contre l’incompréhension du public durera jusqu’au environ de 1890. Il choisit enfin de s’attaquer aux motifs urbains . La notoriété ne lui vient que quand il atteint la soixantaine. Il meurt à Paris en 1903.





. Date de Réalisation : Pissarro réalisa ce tableau en 1897


. Type : L’œuvre réalisée par Pissarro est un tableau représentant l’Avenue de l’Opéra


. Support : Ce tableau est peint sur une huile sur toile.


.Ses dimensions : 65cm par 81cm et le tableau est conservé au musée de Belgrade


. Genre : Ce tableau représente une scène de la vie quotidienne : un boulevard parisien par une fraîche matinée d’hiver. On premier plan, nous pouvons observés des calèches et des fiacres dans l’effervescence de la vie parisienne. En somme, un moment unique et à jamais gravé dans l’histoire et évidemment sous le pinceau de Pissarro


. Contexte Historique : Pissarro peint ce tableau au 19ème siècle, précisément sous le second Empire et pendant les transformations du Paris d’Haussmann.



Analyse technique de l’œuvre:





-Entre 1897 et 1899, Pissarro loge dans une chambre du Grand Hôtel du Louvre. Il exécute donc plusieurs tableaux représentant la vue urbaine qui s’offre à lui. Parmi, l’ensemble de ces œuvres on dénombre onze paysages montrant l’Avenue de l’Opéra, la Place du théâtre Français et l’entrée de la rue Saint-honoré. Pissarro perpétue de cette façon la tradition impressionniste d’une variation sur un thème. Sur ce tableau, Pissarro a représenté les boulevards parisiens avec au premier plan des fiacres et des calèches. On peut aussi sentir aussi une certaine tension (circulation des piétons et des calèches.)

-Pissarro représente une vue en contre plongée de al place du Théâtre français et de la perspective de l’avenue de l’opéra. Au premier plan des fiacres, calèches et piétons circulent et dénotent de l’activité régnant sur ces nouveaux boulevards parisiens. Au second plan l’espace est construit rigoureusement par des verticales mettant en valeur les immeubles haussmanniens et par des lignes horizontales convergeant vers l’Opéra dont on distingue la masse au fond. Le tableau est sans doute peint par une belle journée d’hiver (ciel bleuté, arbres dépouillés) et peut-être après une pluie, comme l’indiquerait la trainée de la lumière placée en diagonale-partant de droite-qui illumine le tableau.


-Pissarro afin d’exécuter la représentation de son tableau s’appuie sur la peinture à l’huile.


-Dans ce tableau, la représentation de cette scène n’est pas extrêmement nette, et apparaît plutôt comme floue.


- Afin de traduire au mieux la sensation naturelle du plein air dans ce tableau, Pissarro utilise les harmonies et contrastes des couleurs spectrales du soleil (autrement dit le contraste chaud-froid). De plus, dans ce tableau on peut distinguer la touche libre et visible, en effet le public de l’époque pensait que les peintres n’achevaient pas leurs tableaux. Grâce à Signac (peintre néo-impressionniste), Pissarro reviendra à la touche en virgule pour laquelle il se sert de longs pinceaux de martre. Dans ce tableau le peintre emploi aussi des teintes claires en réaction contre les tableaux sombres exécutés souvent par des artistes réalistes. Pissarro opposera aussi une nouvelle-unité, celle d’une facture et d’un traitement de toute la surface du tableau en vibrations. Pour finir, le peintre joue sur les juxtapositions ,des teintes de nuance opposées, laissant l’œil récompenser la combinaison. Ce phénomène porte le nom de mélange optique.


-Pissarro tout comme ces condisciples impressionnistes centrent leurs recherches autour de l’expression de la lumière, de l’ombre et des reflets. Dans ce tableau, on observe qu’aucune ombre n’est jamais noire ou grise, mais plutôt composée d’une teinte affaiblie de la couleur locale. En outre, le passage de l’ombre à la lumière par le biais du pointillisme permet à Pissarro de trouver une nouvelle vigueur dans l’ensemble de ces œuvres et particulièrement celle-ci.



Interprétation de l’œuvre :



-Pissarro va véritablement révolutionner l’art moderne en refusant le modèle clair-obscur, le contraste du blanc et du noir totalement opposés, entre ces extrêmes, s’étend une infinité de tons gris clair et foncé. L’impressionniste qu’est Pissarro, travaille une nouvelle manière de peindre associé à une nouvelle manière de voir. Ainsi, dans ce tableau notamment, il recueille des sensations visuelles et des paysages et peint la lumière vue uniquement en vibrations colorées. Donc le peintre voit et rend la nature telle qu’elle est. Cette conception picturale commande l’ensemble des tableaux de Pissarro, en somme l’impressionnisme et la peinture d’êtres ou de choses dans leur atmosphère. Consécutivement, il peindra aussi en plein air, soit directement devant la nature parce que les impressionnistes recherchent la lumière et la couleur authentique et unique.Ce se livre à une exploration authentique et poussée du climat humain de la ville et des énergies puissantes canalisées par ses rues. Pissarro considère ces vues avec l’intérêt du peintre de paysage pour la géographie physique du site, les vastes perspectives des boulevards longeant les hauts immeubles aux toits de zinc, battus à leur base par le flot de la circulation. Le peintre ne cherche pas à rendre chaque détail avec une précision d’architecte, mais à définir une impression : il note les changements qu’impriment à son décor la lumière et les phénomènes atmosphériques, « changements d’humeur » du paysage urbain.


-L’impressionnisme est né en France au 19ème siècle en réaction contre la peinture académique (romantisme, néo-classique, réalisme) parce que à cette époque, Edouard Manet (1832-1833) exploitait les qualités plastiques du motif et révolutionne l’art de peindre en refusant le modèle en clair-obscur. Sous l’influence immédiate de Manet, les jeunes peintres ont adopté de 1865 à 1870 la technique des tons clairs et appliqués à la peinture en plein air, directement devant la nature. Ce tableau impressionnisme, l’Avenue de l’Opéra de Pissarro st donc une « pure œuvre impressionniste » !!!! Ce tableau permet donc de mettre en parallèle, l’étude historique du second empire et les transformations du Paris d’Haussmann (200000 immeubles détruits et 34000 reconstruits, percement des avenues et construction de monuments). L’Avenue de l’Opéra est un très bonne exemple qui permet de relier le Louvre au Palais Garnier achevé en1875 (régularité et monumentalité des immeubles de 18m de haut et pour les rues de 18m de largeur ; immeubles plus importants dans les avenues).


-On l’aura compris les impressionnistes cherchent à recréer : l’heure du jour, la saison, le temps apportent de sensibles variations dans les paysages qui les obligent à renouveler leur méthode de travail, à trouver une technique pour traduire avec sincérité ce qui s’offre à leurs yeux. L’influence des trouvailles impressionnistes (mélange optique, valeurs claires, vibration de la lumière artificielle ou solaire, souci non lus de densité, mais de la légèreté des choses), servira de point de départ pour George Seurat et Paul Signac maître du néo-impressionnisme. Paul Gauguin, Henri de Toulouse-Lautrec, Vincent Van Gogh et de nombreux « post-impressionnistes » en France et à l’étranger s'inspireront , eux-aussi, des impressionnistes.


Anne-sophie LOMBARDO TES3

Terrasse à Sainte Adresse, Claude Monet


I) Présentation de l'oeuvre.
Titre : "Terrasse à Sainte Adresse"

Auteur : Claude Monet, célèbre peintre français lié au mouvement impressionniste, né à Paris le 14 novembre 1840 et mort le 5 décembre 1926 à Giverny. Sa famille s'installe au Havre en Normandie en 1845, et en 1862 il va étudier l'art avec Charles Gleyre à Paris, où il rencontre Pierre-Auguste Renoir avec qui il fonde le mouvement impressionniste et vont maintenir une amitié durant toute leur vie. En 1872, Il peint un paysage du Havre : "Impression, soleil levant" qui va être présenté au public lors de la première exposition impressionniste en 1874. Afin de réagir contre le Salon officiel, Monet prend la tête d'un groupe de peintre qui se dénomme "la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs". Après la mort de sa femme le 5 septembre 1879, il va s'installer définitivement dans une maison du village de Giverny en 1883. Monet aimait particulièrement peindre la "nature contrôlée" : son propre jardin, ses nymphéas, son étang et son pont, que le passionné des plantes qu'il était avait patiemment aménagés au fil des années, et a également peint les berges de la Seine. À la fin de sa vie, Monet souffrait d'une cataracte qui altéra notablement sa vue et celà se faisait malheureusement ressentir sur ces dernières oeuvres. Devenu presque aveugle, il est opéré d'un oeil et sa vue s'améliora. Claude Monet mourut le 5 décembre 1926 des suites d'un cancer du poumon et est enterré dans le cimetière de l'église de Giverny, avec la présence notable de Georges Clémenceau.

Date de réalisation: 1867
Type de l'oeuvre: tableau
Support: huile sur toile
Dimensions: Hauteur 98 cm - Largeur 130 cm
Lieu de conservation: Musée Metropolitan de New-York


Contexte historique: règne de Napoléon III sur le Second Empire français, entre la Deuxième et la Troisième république. A cette période, beaucoup de peintres d'avant-garde sont refusés au Salon, alors Monet va prendre la tête d'un groupe de peintre nommé "la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs" afin de réagir envers le Salon officiel.

II) Analyse technique de l'oeuvre.

Nous sommes l'oeil de Monet qui contemple la Manche d'une fenêtre de la villa de sa tante où il séjourne l'été 1867, et nous apercevons au premier plan deux personnages assis sur des chaises en bois courbé, c'est Madame Lecadre à gauche sous une ombrelle et le père Monet à droite qui regarde le couple sur le bord de la terrasse au second plan. Il s'agit de la cousine de l'artiste Claude Monet : Jeanne Marguerite Lecadre; et un jeune homme dont on ignore son identité. Au troisième plan, on peut compter un grand nombre de bateaux sur l'eau, depuis les embarcations de plaisance au mouillage de gauche, en direction d u Havre, jusqu'aux vapeurs sur la droite, qui effectuent la traversée de la manche vers l'Angleterre. Dans le lointain à gauche, on voit la fine bande "violette" qui désigne la côte à l'ouest, au delà d'Honfleur.
Sur la peinture, il y a des lignes horizontales, (le bord de la terrasse, l'horizon, au-dessus des deux drapeaux, au-dessus de l'ombrelle de madame Lecadre et du chapeau du père de Monet) il y a également des lignes verticale (les portes-drapeaux, les 2 personnes du couple sur le bord de la terrasse) mais aussi une lignes oblique, (l'orientation de la chaise à gauche de madame qui rejoint le bord de la terrasse) des lignes obliques inversées (la bordure du jardin au premier plan à droite, l'orientation de la chaise du père de Monet ainsi que la chaise à sa droite qui rejoignent également le bord de la terrasse). Globalement, les masses sont répartis au centre et au bas du tableau, c'est à dire au premier et deuxième plan du tableau avec la présence des quatre personnages, des chaises, des deux drapeaux, des jardinières et du jardin. On observe également un effet de profondeur en observant l'horizon du tableau.
L'oeuvre a été peinte en utilisant le pinceau accompagné de peinture à huile, et en général le trait des contours est assez net sauf pour le visage des personnages que l'on arrive pas à distinguer. Aussi, le remplissage à la peinture et le graphismes des éléments du tableau est très réussi grâce a des couleurs réalistes et conformes à la réalité ainsi qu'un jeu de lumière très élaboré. En effet, la palette des couleurs utilisée sont les couleurs primaires (rouge, bleu et jaune) ainsi que quelques couleurs secondaires (vert, violet, orange, brun) On peut dire que le bleu sombre/grisâtre (du ciel et de la mer) est la couleur dominante du troisième plan, ce qui donne un effet froid notamment à cause du manque de luminosité afin de donner un effet "tempête"; ce qui fait contraste avec la dominante verte clair du premier plan avec un effet de chaleur donné par le superbe jeu des couleurs et des lumières, dont l'effet recherché est justement de donner un effet cordial, chaleureux et ensoleillé en éclairant les deux premiers plans.

III) Interprétation de l'oeuvre.

En observant de manière plus approfondi le tableau, nous nous apercevons qu'il a été monté de manière à nous raconter une histoire. En effet, on y voit un mélange de navires anciens et modernes qui représentent la génération de transition entre la voile et la vapeur. Sur l'horizon, on peut voir quatre navires à voile dont l'un est une survivance du passé: un cinq-mats. Intercalés entre eux, on distingue quatre bateaux à vapeur. L'un, à roue, bleu, blanc, rouge donne l'impression de pousser légèrement le mat porte-drapeau sur la droite. Le vapeur porte les couleurs du gouvernement comme le mât qu'il touche, accordant son importance officielle à cette scène de prospérité maritime. A mi-distance, on découvre une autre adjonction voulue par Monet: le bateau de pêche qui effleure symboliquement l'ombrelle de Jeanne-Marguerite. C'est le seul signe manifeste du maintien du mode de vie traditionnel à sainte Adresse avant la transformation par les estivants.

Rédigé par Laurent (TES3) & Pierre (TES1)

La pie, Claude MONET.

La Pie
1869
89 x 130 cm
Huile sur toile.
Musée d'Orsay, Paris.

GENRE :
Tableau impressionniste
Paysage d’extérieur enneigé

CONTEXTE :
AU XIXe siècle, la IIIe République est mise en place, s’instaure alors à Paris une atmosphère de loisirs et de débauche. Le XIXe siècle est marqué par des innovations techniques qui ont notamment permis aux habitants des villes à se déplacer à la campagne (chemin de fer) et de profiter ainsi de leur temps libre.
En 1868, après une tentative de suicide suite à des difficultés financières Monet décide de passer l’automne et l’hiver à Etretat en Normandie. Pendant cet hiver, Monet revient à un thème qui lui est cher, les paysages enneigés. Ce thème s’inscrit également dans la représentation de la popularité de la campagne française de l’époque qui symbolisait surtout la détente. Comme beaucoup d’artistes qui cherchent à produire quelque chose de novateur, Monet a vu son tableau « la pie » refusé du Salon de 1869.

BIOGRAPHIE :
Claude MONET est né à Paris le 14 novembre 1840, et a été élevé au Havre. Il est d’abord remarqué pour son talent de caricaturiste. Grâce à Eugène Boudin (qui jouera un rôle de mentor), à partir de 1855 il se spécialisera dans la peinture de paysages et peint majoritairement en plein air. En 1857, il part à Paris, il entre alors à l’Académie Suisse. En 1862 après avoir été réformé de son service militaire en Algérie, il entre dans l'atelier du peintre Gleyre. Il y rencontre Renoir, Sisley et Bazille et se lie d’amitié avec Manet. En 1874, il présente Impression, soleil levant au public. Son œuvre sera alors mal reçu par le critique Louis Leroy, qui usera d’un jeu d’un jeu de mot pour déprécier le travail de l’artiste et utilisera le terme « impressionniste », ce terme est alors resté pour désigner les artistes de ce mouvement.

ANALYSE TECHNIQUE DE L’ŒUVRE :
- Ce tableau est réalisé à la peinture à l’huile sur le thème d’un paysage enneigé, Monet représente ici le côté brumeux du paysage grâce à différentes touches de couleurs, qui rendent les contours flous.
- Ce tableau est séparé en deux parties par une ligne horizontale, sur cette ligne se trouve le détail majeur du tableau ; la pie, qui a donné son nom à l’œuvre. Cette séparation fait se confronter les éléments du décor à leurs ombres reflétées dans la neige.
- Il existe d’autres repères de lignes horizontales qui organisent le tableau, cela permet de distinguer les différentes couleurs de blancs du paysage.
- Des lignes verticales jouent aussi un rôle de repère visuel en correspondant à des éléments naturels, qui séparent la couleur marron des troncs d’arbres ou de la clôture de la blancheur du paysage enneigé.
- C’est un tableau qui fait le contraste entre le coté flou du paysage et la luminosité des couleurs perçues par la neige.
- Les couleurs sont essentiellement obtenues grâce au mélange de couleur froides (blanc, bleu clair, noir,…) et chaudes (marron, ocre,…).

INTERPRETATION DE L’ŒUVRE :
- Le portail en bois est représenté par cinq branches horizontales, cela évoque ainsi une portée de musique, la pie elle serait donc comme une note de musique et permettrait de renforcer le côté glacial du tableau.
- En choisissant un paysage hivernal, Monet cherche à représenter les effets fugitifs de la nature c'est à dire à un instant précis et par conséquent de transmettre les sensations qu’il a perçu de ce paysage.
- Ce tableau est un tableau d’avant-garde qui innove sur le jeu d’ombre et de lumière, et qui accentue l’effet fugitif de l’instant.
- Il met en évidence la différence fondamentale entre le calme, la douceur et la beauté des paysages de la campagne et l’obscurité de la ville. Ici l’atmosphère de la campagne peinte par Monet est jugée paisible par l’absence de couleurs foncées et par le choix d’un paysage simple et sincère, cela s’explique par la volonté du peintre à peindre la réalité en toute franchise.

Apolline.


Les coquelicots, Monet



















I) Présentation de l'œuvre


Titre:
Les coquelicots




Auteur: Claude Monet né a Paris le 14 novembre 1840. Après son retour de l'armée en 1861, sa tante accepte de lui faire intégrer une école d'art. Cependant Monet n'apprécie pas les styles de peinture enseignés à l'université. En 1862, il rencontre Pierre-Auguste Renoir avec qui il va fonder le mouvement impressionniste. Sa célèbre œuvre Impression,Soleil levant, fut présentée lors de la première exposition des impressionnistes en 1874. En 1873, après son emménagement à Argenteuil, il peint le Les coquelicots qui représente la campagne environnante.



Date de réalisation: 1873
Type de l'œuvre: Tableau
Support: huile sur toile
Dimensions: Hauteur 50 cm - Largeur 65 cm
Lieu de conservation: Musée d'Orsay, Paris
Genre: paysage


Contexte historique:
Au XIXème siècle, début de la IIIème république, beaucoup de peintres modernes sont refusés au Salon. Paris est décrite comme un univers de débauche et les peintres impressionnistes représentent les loisirs de cette ville ainsi que les plaisirs qui se trouvent à quelques kilomètres de celle-ci.
Les paysages, l'atmosphère et la lumière sont les thématiques favorites de Monet.



II) Analyse de l'œuvre

Sur cette toile on peut observer un paysage, il s'agit d'un champ de coquelicots. Au premier plan, deux personnages sont présents: une femme avec une ombrelle, vêtue d'une robe bleue-grise et noire. Elle porte un chapeau plus clair qui contraste avec sa robe sombre. Elle paraît raffinée et appartient certainement à la bourgeoisie. L'enfant porte également un chapeau clair tout comme ses vêtements. Il a un coquelicot à sa main. Le champ est séparé en deux: la partie gauche est remplie de coquelicots qui donne un ton rouge et coloré à la toile. Elle semble surélevée, c'est probablement une butte. L'enfant se place sur cette butte. La femme, elle, se trouve sur la partie droite du champ, qui est plus terne, plus sombre. Au second plan, deux personnes sont présentes, également une femme et son enfant. La femme est tout habillée de noire et l'enfant de gris. Les couleurs sont plus ternes que les deux premières personnes au premier plan. A l'arrière plan, se trouve la lisière des bois, de grands arbres sombres sont présents. Au centre de cet arrière plan, il y a une maison qui paraît assez traditionnelle claire qui contraste avec les bois. Le ciel est clair, bleu et avec beaucoup de nuages blancs en mouvement.

La toile est constituée de trois plans. Le premier avec le premier groupe de personnes, le deuxième avec le second groupe de personnes et le troisième avec le ciel et les bois. La ligne d'horizon se situe à la moitié de la toile au niveau du deuxième groupe de personnages (ligne bleue ciel). Elle sépare la partie "ciel" et la partie "terre" La différence entre la grandeur des arbres marque la profondeur de ce tableau, tout comme la différence de taille entre les personnages du tableau ( cercles jaunes) : ce sont les points de force du tableau, là où le regard est attiré. En effet, les personnages au premier plan sont de tailles plus importantes que ceux au second plan. On distingue une butte sur la partie gauche de la toile car les personnages qui se trouvent au second plan sont à un niveau plus haut que ceux qui se trouvent au premier plan tout comme les arbres. Les fleurs sont à un niveau différent aussi, l'élévation du sol est preuve de ce relief. Les coquelicots qui se trouvent sur la butte sont répartis par des amas. Seules quelques zones de la butte en sont dépourvues: elles forment des obliques toutes dirigées vers le groupe de personnes au premier plan. Ces obliques qu'on peut alors qualifier de lignes de fuites donnent du mouvement à l'œuvre, c'est le sens de marche des personnages.
C'est une œuvre peinte à l'huile, à la technique des impressionnistes c'est à dire par petites touches de couleurs. Par rapport au graphisme, on peut voir que les détails sont pratiquement inexistants, le tracé est flou, les objets sont devinés mais pas clairement représentés. Les traits du visage ne sont pas visibles, les vêtements ne sont pas détaillés. On devine les coquelicots par leur aspect rouge et leur forme. Les arbres nous apparaissent au loin donc plus flous et on ne distingue aucun élément. Quant à la maison, on l'imagine très simple, traditionnelle, on perçoit simplement les différences de couleurs qui marquent le toit et les fenêtres.
On peut distinguer trois zones composées chacune de différentes couleurs: Tout d'abord le ciel qui est constitué de différentes nuances de gris et de bleus ainsi que du beige c'est à dire des couleurs froides. Ensuite, la partie droite du champ est composée de ces mêmes couleurs ainsi que de l'orangé clair, un peu plus fade que l'orange qui se situe dans la dernière partie. Celle-ci, placée à gauche du tableau, principalement du rouge donc de couleurs chaudes puis du vert assez clair. La ligne d'horizon, elle, contient une couleur froide: le vert foncé qui représente les arbres. Ceci nous permet alors de distinguer la symétrie de deux couleurs primaires, l'une froide et l'autre chaude : le bleu et le rouge. La couleur rouge se situe en bas à gauche du tableau et la couleur bleue en haut à droite et la ligne de symétrie entre les deux coupe le premier couple de personnes et longe la butte de coquelicots. Toutes ces couleurs, malgré leur opposition restent lumineuses.
La lumière (flèche orangée) semble parvenir de la partie haute à gauche de l'œuvre et suit le mouvement de la butte jusqu'à éclairer l'enfant et la femme au centre de ce tableau. On comprend alors que le soleil est tout à gauche, on ne l'aperçoit pas, il ne fait pas partie de la peinture et prouve bien que l'attention prioritaire est portée vers le premier groupe de personnes.


III) Interprétation de l'œuvre


L’artiste a voulu peindre les loisirs liés à la nature au XIXème siècle en opposition à l’industrialisation de la ville et aux plaisirs liés à celle-ci. Pour cela, Monet s’appuie sur des couleurs vives qui mettent en évidence la joie dans la campagne. Le mouvement et la lumière attirent notre regard vers le premier groupe de personne. Seules quatre personnes sont représentées ce qui contraste avec l’effervescence de la ville. Monet a voulu montrer que le plaisir à la campagne est lié au calme et à la sérénité de l’ambiance. Ce tableau traduit bien le mouvement impressionniste par la technique utilisée c'est-à-dire par les petites touches de couleurs et par l’importance de la lumière qui met en évidence un aspect de la peinture. De plus, la nature est une des thématiques des peintres impressionnistes. En effet, ces derniers peuvent profiter du tube en étain, qui permet le transport des couleurs, inventé en 1850.
Monet présente les Coquelicots au public lors de la première exposition du groupe impressionniste dans les anciens ateliers du photographe Nadar en 1874. On peut dire que cette peinture suit la lignée des tableaux de Monet dans la mesure où la plupart de ces œuvres représentent la campagne et la nature. C’est pourquoi on ne peut pas qualifier Les coquelicots d’innovation.
Alexie Viscera
Barbara Rubino